Madagascar mise sur ses ressources naturelles pour s’imposer sur le marché mondial du carbone. Avec
2 % des mangroves mondiales et 15 % de celles du continent africain, le pays détient un atout écologique majeur. Ces écosystèmes, qui stockent jusqu’à dix fois plus de carbone que les forêts terrestres, jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique.
Face à cet enjeu, l’État malgache a mis à jour sa réglementation. Le nouveau décret n°2025-626, remplaçant le décret de 2021, élargit les droits d’accès au marché du carbone forestier.
Désormais, les acteurs publics ou privés, nationaux ou étrangers, peuvent générer des réductions d’émissions en participant à des projets de reforestation, conservation, agroforesterie ou restauration des paysages dégradés. Cette ouverture marque une évolution vers un modèle plus inclusif.
«La croissance des plantes y est continue, donc la séquestration du carbone aussi», souligne Lalao Aigrette, directrice du département Économie bleue chez Bôndy.
Ce potentiel commence à porter ses fruits. En 2023, Madagascar a perçu pour la première fois 8,8 millions de dollars de crédits carbone via le programme REDD+ de la Banque mondiale, récompensant les efforts de protection et de gestion durable des forêts.
Ces projets sont autorisés dans toutes les écorégions forestières du pays : forêts humides, sèches, épineuses et mangroves. Ces dernières sont au cœur des activités de l’entreprise Bôndy, notamment à travers le projet «Ma Honkô». Lancé en 2023, ce programme a déjà permis la restauration de 1 600 hectares de mangroves dans les régions de Sava, Diana, Melaky, Boeny et Sofia, où se concentre l’essentiel de ces forêts maritimes.
En juin dernier, Ma Honkô a obtenu son permis environnemental, preuve que ses opérations respectent les normes environnementales et sociales. Une étape importante pour que Madagascar devienne un acteur clé du marché carbone, tout en préservant ses écosystèmes uniques.
Arh.




