L’incendie du Tsena Sabotsy à Antsirabe, qui s’est produit avant-hier soir, est considéré comme la plus grande catastrophe qui a touché la ville d’Eaux ces dernières années. En l’espace de quelques heures, ce plus grand marché de la Grande île et peut-être l’un des plus grands d’Afrique, s’est transformé en un site de désolation et de ruine.
Hier, au lever du jour, on pouvait encore apercevoir de la fumée et des braises dans quelques secteurs du marché, mais qui ne représentaient plus de danger, vu que les flammes ont été maîtrisées vers 1h, soit presque 8h de temps après son déclenchement la veille. «Tout ce qu’on voit actuellement à l’endroit évoque l’image d’un champ de bataille», indique-t-on. D’après une source auprès de la mairie de la ville, la destruction est estimée à 99% des infrastructures. Pour les commerçants, la perte est évaluée à des milliards d’ariary.
«Nous venons de faire entrer des tonnes de marchandises dans notre pavillon pour la vente de la semaine. Et voila que tout est parti en fumée dans l’incendie (…) Il ne me reste pratiquement rien, à part ma balance à poids», regrette un vendeur de fruits et légumes.
«C’est comme un cauchemar, nous avons fait un prêt bancaire pour ouvrir notre commerce dans le marché, et voilà qu’on a tout perdu. Nous ne savons pas encore ce que nous allons faire après ce drame», déplore un jeune couple de commerçants.
Appel de détresse…
Suite à ce drame, l’ensemble des commerçants du Tsena Sabotsy font appel aux autorités à voir de près leur situation. Leur souhait est de poursuivre leurs activités le plus vite
possible, dans le site même et non pas ailleurs. Certains ont brandi hier des banderoles sur lesquelles on voyait les inscriptions «C’est ici qu’on est tombé, c’est ici qu’on va se relever».
Sur sa page Facebook, le ministère de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation (Mic) a annoncé mobiliser une équipe sur place pour s’entretenir avec les autorités locales dans le but d’éviter à ce que le sinistre ne soit à l’origine de problèmes économiques d’envergure.
Le ministère a avancé également que des mesures seront mises en place rapidement, en particulier pour assurer la continuité de l’approvisionnement en produits de première nécessité (PPN) de la ville et ce, pour prévenir l’avènement de troubles qui pourraient survenir, notamment les risques de pénurie et toute forme de spéculation.
La rue a été coupée autour du Tsena Sabotsy hier, mais on pouvait quand même apercevoir quelques commerçants notamment des bouchers et autres vendeurs de fruits et légumes. A l’intérieur du site, la majorité des commerçants ne pouvaient juste que donner un coup de balais à leurs pavillons et récupérer, s’il y en a, les restes de leurs biens non carbonisés…
ATs.




