Transfert de 5 Boeing vers l’Iran: des explications exigées de la part du gouvernement cambodgien

Le transfert de cinq Boeing vers l’Iran met Madagascar dans une situation malencontreuse. Afin d’éclairer l’opinion publique sur le sujet, le ministre des Transports et de la météorologie, Valéry Ramonjavelo a rencontré la presse, hier, à Anosy.

«L’Etat malgache a demandé des éléments d’explication de la part du gouvernement cambodgien qui a au­torisé le vol vers l’Iran, malgré la connaissance du fait que l’attribution temporaire du numéro 5R avait expiré, le 17 avril», a-t-il fait savoir.
Le ministre a révélé que le gouvernement cambodgien a été informé dès le mois de juin de la falsification de documents concernant les Boeings. L’Aviation Civile de Madagascar (ACM), sollicitée le 20 juin par l’Au­torité de l’Aviation Civile du Cambodge pour vérifier l’authenticité de ces documents, avait confirmé le 23 juin leur nature frauduleuse et l’expiration de leur validité depuis le 17 avril 2025. «Par rapport à cela, l’Etat malgache a pensé que l’affaire ne va plus se poursuivre puisque les documents n’étaient pas en règle. Ce­pendant, la surprise fut grande de constater que les cinq Boeings ont finalement atterri en Iran, une opération contraire à la loi, stipulant que seuls des pilotes agréés par l’autorité aéronautique de Mada­gascar peuvent piloter ces avions», d’après le ministre Valéry Ramon­javelo.
Toujours selon le minis­tre, dans sa volonté affichée de développer le secteur du tourisme et d’atteindre l’objectif d’accueillir un million de visiteurs d’ici 2028, Ma­dagascar cherche activement des partenariats internationaux. C’est dans ce cadre que des hommes d’affaires ont sollicité l’immatriculation de cinq Boeing 777 pour un projet de future exploitation sur la Grande île. Le processus avait semblé sui­vre les étapes réglementaires car des techniciens malgaches s’étaient rendus en Chi­ne pour inspecter les appareils. Par la suite, l’Avia­tion Civile de Madagascar (ACM) avait délivré à la société Udaan Aviation un Certi­ficat d’Immatriculation Pro­visoire. Ce document, valable jusqu’au 17 avril 2025, était spécifiquement destiné à faciliter le transfert des avions vers le Kenya pour des opérations de maintenance. Cependant, l’Etat malgache s’est fait «leurré». Il apparaît que c’était un subterfuge destiné à faciliter le transfert de ces avions vers l’Iran, et non vers le Kenya comme initialement convenu. Le ministre Valéry Ramonjavelo a exprimé son mécontentement face à cette tromperie dont le gouver­nement malgache a été victime.

Des avis de recherches lancés
Le ministre a dénoncé un scandale de faux et usage de faux et atteinte à la sûreté de l’Etat et autres infractions connexes liées à l’exploitation d’aéronefs. «Le ministère a d’ailleurs porté plainte à ce sujet», a-t-il fait savoir. En l’occurrence, des avis de recherches ont été lancés à l’endroit des personnes concernées par cette affaire, à savoir Heriniaina Rijasoa Andriamanarivo et Khush­winder Singh.
Les informations divulguées lors du point de presse indiquent que des arrestations ont déjà eu lieu et que des hommes d’affaires malgaches et indiens font l’objet d’une enquête à l’heure actuelle. Les suspects sont actuellement frappés d’une interdiction de sortie du territoire malgache (IST). Tous ceux qui disposent d’informations par rapport aux personnes recherchées sont invités à en informer les autorités les plus proches afin qu’elles puissent procéder à leur arrestation au plus vite.

Jean Riana

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