Droits de visite des parcs: les nouveaux tarifs ne seront pas ­appliqués en janvier

Une information a circulé depuis fin août, selon laquelle les tarifs d’accès aux parcs gérés par Madagascar national parks (MNP) vont doubler à partir de 2026.

Depuis cette annonce, les opérateurs touristiques ont manifesté leur inquiétude sur la possible diminution du nombre de touristes notamment internationaux. A cet effet et en marge du lancement du Projet de résilience climatique par la préservation de la biodiversité des parcs (PRCPB), le ministre de l’Environnement et du développement durable (Medd), Max Andonirina Fontaine, a apporté quelques explications hier à l’Ibis Anko­rondrano indiquant que les nouveaux tarifs ne s’appliqueront pas encore dès janvier 2026. Il note toutefois que les actuels droits de visite des parcs à Madagascar sont largement en dessous de ceux des autres pays du monde.
« Madagascar abrite une biodiversité exceptionnelle attirant les touristes californiens, japonais… bref des touristes venus de pays lointains. Or ici, ils ne paient que 10 dollars pour accéder aux parcs alors qu’au Rwanda, par exemple, il faut débourser au moins 1.500 dollars pour observer une seule espèce, comme les gorilles, pendant une seule journée », a-t-il expliqué. Selon le N°1 du Medd, la Grande île de plus d’une centaine d’espèces de lémuriens, alors il est inacceptable que de telles richesses ne rapportent pas assez.
La hausse des droits d’entrée dans les parcs ne devrait pas avoir des répercussions sur les flux touristiques principalement internationaux. D’ailleurs, des études ont permis à l’Etat et à MNP de déterminer les nouveaux tarifs à appliquer. « J’espère que le tarif de 20 dollars au lieu de 10 dollars ne devrait pas constituer un obstacle pour la venue des touristes étrangers. Une part de ces droits de visite est versée à la communauté de base pour booster le développement local et pousser la population locale à protéger ces parcs », a estimé le ministre.

Allier environnement et développement socioéconomique

En ce qui concerne le PRCPB mis en œuvre par le Medd et MNP, ce projet bénéficie de l’appui de la Banque africaine de développement (Bad) sous le guichet d’action climatique Caw, en partenariat avec la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM). « Ce projet dépasse le cadre de l’environnement car il finance aussi des infrastructures dont des barrages et routes tout en assurant le développement socioéconomique des populations habitant autour des aires protégées à travers la promotion d’activités génératrices de revenus », a expliqué le ministre. Un atelier marquant son lancement officiel a vu la participation des principaux concernés, dont des directeurs de parcs à travers le pays, hier à l’Ibis Ankorondrano.
D’après le communiqué y afférent, le  PRCPB « se déploie sur une période de cinq ans, et est financé à hauteur de 71,5 milliards d’ariary », au profit de six parcs nationaux stratégiques reconnus pour leur richesse écologique exceptionnelle. Lokobe, Nosy Hara et Andringitra, bénéficieront d’un investissement structuré, tandis qu’à Ankarafantsika, à la montagne d’Ambre et à Analamazaotra, l’accent sera mis sur les programmes de formation et de renforcement de capacités. « Le PRCPB est un exemple très concret de la manière dont un projet environnemental peut contribuer à la fois au suivi écologique et au développement socioéco­nomi­que des populations locales », s’est félicité le N°1 du Medd.

Sera R. et LR

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