Coup d’envoi de la 7e Foire Internationale de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (FIA), organisée en parallèle avec le Festival International de la Gastronomie (FIG), hier au Centre de conférences internationales d’Ivato (CCI). Ce rendez-vous inédit, placé sous le thème « La terre nourrit, la main transforme, le palais savoure », ambitionne de valoriser toute la chaîne de valeur agroalimentaire, du champ à la table.
L’événement placé sous le signe de l’innovation et de la durabilité agricole, s’inscrit dans la dynamique nationale vers la souveraineté alimentaire. La cérémonie d’ouverture a vu la présence de plusieurs membres du gouvernement, dont la Secrétaire d’Etat auprès de la Présidence chargé de la Souveraineté alimentaire, Tahian’Ny Avo Razanamahefa.
Pour Oranne Ranaivo, co-directrice de Madavision, entité initiatrice de l’événement, la FIA, conjuguée avec le FIG cherche à «reconnecter les citoyens aux produits du terroir. Mettre en avant ceux qui nous nourrissent au quotidien». Ateliers, démonstrations culinaires et dégustations rythmeront ainsi les journées afin de sensibiliser le public aux enjeux de qualité et de traçabilité alimentaire.
Avec plus de 300 stands installés sur 22.000 m², l’événement met sur le devant de la scène de production et chaque chaîne de valeurs, le rôle des producteurs, éleveurs, pêcheurs, artisans et restaurateurs dans le développement du pays.
Une vitrine internationale et un appel à l’action
collective
La FIA-FIG se veut aussi une plateforme d’ouverture vers l’international. «L’Europe, et particulièrement l’Allemagne, demeure les premiers acheteurs des produits agricoles malgaches : vanille, girofle, gingembre, arachide, café», rappelle Oliver Knoerich, ambassadeur d’Allemagne.
Grâce à la coopération, plusieurs entreprises locales ont pu accéder à de nouveaux marchés, générant plus de 127 millions d’euros de contrats en trois ans. Pour lui, «seul un partenariat entre le secteur public et privé, entre Madagascar et ses partenaires, permettra d’apporter des solutions durables face au changement climatique».
Même constat du côté de l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation
et l’Agriculture (FAO). Son représentant, Mbuli Charles Boliko, souligne la responsabilité partagée : «La terre nourrit, mais sa générosité ne sera durable que si nous la respectons et la gérons avec soin». Il appelle à renforcer l’accès à la formation, à la technologie, au financement et aux marchés pour libérer le potentiel du secteur.
L’innovation n’est pas en reste. «Grâce à la fibre Yas, les producteurs peuvent consulter les prix en temps réel, se former en ligne, partager des données et innover», souligne Benoit Janin, directeur général de Yas Madagascar qui sponsorise cette manifestation économique aux côtés de SFOI, Luceo, Star et Prochimad. Pour lui, tradition et numérique peuvent se rejoindre au service de l’agriculture.
Un levier de transformation nationale
Au-delà de la vitrine, les autorités y voient un tremplin. «Cet événement ne doit pas être une édition de plus, mais une étape pour transformer Madagascar», a affirmé David Ralambofiringa, ministre de l’Industrialisation et du Commerce.
Même conviction chez son collègue de l’Agriculture, Hajarison Sergio François, «La FIA est un catalyseur. Elle rassemble les énergies et connecte les savoir-faire». Il rappelle la vision présidentielle pour une agriculture innovante et résiliente, axée sur deux priorités : l’autosuffisance alimentaire à travers la professionnalisation des exploitations familiales, et le développement de l’agribusiness pour renforcer la croissance et les exportations.
Arh.




