Crâne du Roi Toera: retour historique à Belo-sur-Tsiribihina

Le président de la République, Andry Rajoelina, a remis officiellement le crâne du roi Toera et ceux de ses deux soldats, lors d’une cérémonie solennelle, émouvante et d’un hommage digne de ce nom, hier à Belo-sur-Tsiribihina.

Après avoir été arrachés à leur terre natale par l’armée française, il y a 128 ans, et passé dans les collections du Muséum national d’histoire naturelle à Paris (France), pendant plus d’un siècle, le crâne du roi Toera et ceux de ses deux compagnons d’armes sont de retour à Belo-sur-Tsiribihina, dans le territoire historique du Royaume Sakalava du Menabe, hier.  Ils ont été remis officiellement aux descendants du monarque et à la communauté Sakalava par le président Andry Rajoelina.
Et comme c’était le cas dans la Capitale, le crâne du roi Toera et ceux de ses deux guerriers, ont également été accueillis avec tous les honneurs dans leur terre natale à Belo-sur-Tsiribihina. Une journée mémorable pour le peuple du Sakalava qui a attendu ce moment depuis belle lurette. Il a rendu un hommage digne de ce nom à leur roi et leurs soldats, témoins de la résistance malgache face à l’armée coloniale française.
Lors du passage du cortège dans le chef-lieu de Tsiribihina, les habitants et les jeunes de la région ont formé une haie d’honneur le long de la route pour saluer au sens propre leurs héros.
« Aujourd’hui, 128 ans après leur décapitation, le Roi Toera et ses compagnons d’armes retrouvent enfin leur terre natale. Ce retour n’est pas seulement celui d’ancêtres auprès de leurs descendants, mais celui d’une dignité nationale retrouvée », a déclaré le chef de l’Etat, soulignant l’importance de cette cérémonie.

Importance symbolique

La restitution par la France de ces restes ancestraux revêt une importance hautement symbolique pour Madagascar et pour la mémoire collective et spirituelle. Ces « kabeso » témoignent de la résistance hé­roïque menée par le Saka­lava face à la colonisation française. De ce fait, ils rappellent aussi le sacrifice des dirigeants de l’époque, pour défendre la souveraineté nationale.
A cet égard, « le sang versé à Ambiky en 1897 n’a pas été vain sacrifice », a fait savoir le président de la République dans son discours.  D’après lui, le Roi Toera et ses guerriers incarnent à jamais le courage, la persévérance et l’amour indéfectible pour Madagas­car.
« Aujourd’hui, nous avons le devoir de construire un avenir à la hauteur de cet héritage. L’Histoire doit être notre socle et notre force pour continuer à élever notre Nation », a-t-il déclaré. Pour le président, l’objectif est de former des générations capables de créer et de transmettre, l’identité et la dignité de la patrie.
Selon la présidence, la dernière étape consistera à inhumer les restes royaux dans le tombeau d’Ambiky.

S.A/ Holy Danielle

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