Madagascar s’engage dans une réforme ambitieuse pour renforcer la compétitivité de ses ports et sécuriser ses frontières. Les résultats d’une mission de diagnostic ont été présentés hier au Novotel Antananarivo, dans le cadre « Projet de normalisation des ports et zones non occupées ».
Entre 2020 et 2024, l’administration des douanes a modernisé ses procédures, digitalisé ses services et renforcé ses capacités. Mais un constat persiste : « Réformer la douane seule ne suffit pas », a rappelé le directeur général des Douanes, le Dr. Lainkana Zafivanona Ernest. Si une déclaration peut être liquidée en une minute, il faut parfois 48 heures pour que les marchandises quittent le port. L’écart entre dédouanement et sortie physique reste un frein à la fluidité des échanges.
L’étude, menée avec l’appui de la Banque africaine de développement (Bad) et du Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), a passé en revue neuf ports de Madagascar : d’Antsiranana à Tolagnaro, en passant par Toamasina et Mahajanga. Chaque site présente ses propres défis : congestion à Tamatave, procédures encore peu dématérialisées à Antsiranana et Toliara, infrastructures vieillissantes à Mahajanga. Parallèlement, de larges zones côtières non surveillées exposent le pays à la contrebande et aux flux illicites.
Fluidifier les échanges
Pour y remédier, la feuille de route prévoit la normalisation des infrastructures douanières, l’installation de scanners, la création de nouveaux postes de surveillance et le renforcement de la présence dans les zones sensibles. « Ce rapport de diagnostic est la première étape vers des réformes concrètes. Des recommandations spécifiques seront formulées pour chaque port et acteur de la chaîne logistique », a assuré Dr. Lainkana Zafivanona.
De son côté, le capitaine de vaisseau Jean Edmond Randrianantenaina, directeur général de l’Agence portuaire, maritime et fluviale (APMF), a donné une idée de l’envergure des infrastructures portuaires : « Nous traitons aujourd’hui 10 millions de tonnes de marchandises par an. A l’horizon 2040, ce volume quadruplera. Nous devons dimensionner nos ports pour répondre à ces besoins ».
La modernisation passe également par l’adoption du Port Community System (PCS), une plateforme numérique destinée à relier douanes, autorités portuaires et opérateurs privés. Ce système, fondé sur une gouvernance neutre et transparente, doit améliorer la coordination tout en garantissant la souveraineté des données. Cette réforme veut fluidifier les échanges, sécuriser les recettes et positionner Madagascar sur la carte des nations maritimes compétitives.
Arh.




