Dans le cadre du programme Pulse, l’Institut français de Madagascar (IFM) Analakely présentera, samedi prochain, le spectacle « Kanyar », un solo chorégraphique signé par le danseur réunionnais Didier Boutiana, fondateur de la compagnie Soul City. En créole réunionnais, « Kanyar » désigne un marginal.
A travers cette œuvre, l’artiste aborde avec intensité la question de l’exclusion, qu’elle soit subie ou choisie, et les traces profondes qu’elle imprime dans le corps. Sa danse, mêlant break dance et danse contemporaine, exprime à la fois la puissance et la fragilité, tout en puisant dans son vécu personnel et dans l’âme de La Réunion.
Soutenu par l’univers sonore envoûtant de Labelle et Maya Kamaty, « Kanyar » dresse aussi le portrait d’un artiste parti d’un quartier populeux, qui a su transformer les épreuves en énergie créatrice et conquérir les scènes internationales. Plus qu’une performance esthétique, le spectacle invite donc à une réflexion universelle sur l’identité, la liberté et le rapport à l’autre, inscrivant la créolité dans un échange ouvert avec le monde.
Mais, avant ce spectacle, une master class aura lieu les 11 et 12 septembre à l’IFM. Réservée aux danseurs professionnels, elle constituera un moment privilégié d’échange et d’exploration autour des croisements entre hip-hop et danse contemporaine.
Depuis plus de quinze ans, Didier Boutiana construit une œuvre où la scène dialogue avec la société. Ses créations, telles que « Le sel de la terre ou le sol oblige », questionnent sur le rite, le combat et l’identité. Parallèlement, il mène le programme Wagon qui est destiné à accompagner chaque année des centaines de jeunes éloignés de la culture vers l’émancipation et la confiance en soi.
Holy Danielle




