Plus de 80 % des ménages malgaches dépendent de l’agriculture pour vivre. Une étude menée par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et ses partenaires soulève toutefois l’ampleur des contraintes foncières, à l’exemple de la croissance démographique qui exerce une pression constante sur les terres cultivables.
Si Madagascar est parfois perçu comme pays disposant de vastes terres agricoles, la réalité est maintenant bien différente. L’étude menée par le Cirad le confirme, «Les surfaces agricoles effectivement utilisées par les ménages sont globalement très limitées. C’est notamment le cas dans les Hautes Terres et dans l’Est du pays, où les superficies cultivables sont déjà très réduites et continuent de diminuer, notamment sous l’effet des divisions familiales intergénérationnelles».
Et de souligner les disparités régionales et sein même des communautés rurales. Selon les zones, 6 % à 19 % des exploitations ayant une superficie de plus trois hectares, même minoritaires, contrôlent entre 34 % et 64 %. A l’inverse, de nombreuses familles cultivent des parcelles réduites, parfois insuffisantes, pour assurer leur subsistance.
Des stratégies d’adaptation locales
Dans certaines zones, des marchés fonciers dynamiques permettent aux ménages d’acheter ou de vendre des terres, tandis qu’ailleurs, notamment dans le Nord, l’extension des surfaces cultivées repose encore largement sur le défrichement.
Face à la pression foncière, les agriculteurs s’adaptent à la situation avec «la culture de contre-saison,
l’utilisation de terres marginales comme les pentes ou les plateaux, et l’intensification des pratiques agricoles figurent parmi les solutions privilégiées». Ces choix, souvent motivés par la nécessité, traduisent aussi une volonté de répondre à la demande des marchés.
Arh.




