Des coups de feu ont retenti dimanche, au Capsat Soanierana. Les riverains aux alentours ont cru que la guerre avait éclaté entre les Forces de l’ordre. Et la panique s’est emparée des gens présents sur place, tellement la tension a été à son paroxysme, qui pourrait dégénérer à tout instant. A vrai dire, au moment de l’arrivée des généraux de la gendarmerie, venus parlementer, des militaires visiblement en colère voire en furie, ont tiré en l’air. C’était leur manière de manifester leur mécontentement, après le décès de leur frère d’armes tombé au feu, devant le Toby Ratsimandrava, alors qu’avec son bataillon, il avait escorté les manifestants de la Gen « Z », depuis Soanierana.
A peine débarqués, ces hauts gradés n’ont pas été reçus avec tous les honneurs. Dans une atmosphère tendue et explosive, les militaires leur ont fait savoir qu’ils ne sont pas les bienvenus. Leur refus catégorique de pourparlers, pour enterrer la hache de la guerre, illustre cette situation de poudrière. D’ailleurs, la rencontre n’a pas eu lieu car ces généraux ont été sommés de quitter sur le champ le camp.
Dans la conjoncture actuelle, personne n’a intérêt à ce que les gendarmes et les militaires s’entretuent. D’ailleurs, conscients qu’un tel conflit entraînera le chaos dans le pays, ils ont finalement changé leur fusil d’épaule et se sont ralliés aux manifestants, refusant de mater les manifestations, sous-prétexte de maintien de l’ordre.
En tout cas, le fait de procéder rapidement à la nomination de nouveaux généraux à la tête du Capsat et de la FIGN, traduit de cette volonté d’apaisement, même si certains y voient comme une manœuvre et une tentative de prise illégale du pouvoir. Pour le moment ce n’est pas encore le cas, car les déclarations faites ces dernières heures, n’allaient pas dans ce sens. Et tout le monde attend la suite car après les bruits de bottes, jamais loin les bruits des politiques.
J.R




