Le bras de fer opposant la direction de Madagascar Airlines à son personnel, a connu un tournant décisif le 15 octobre. Sous la pression du syndicat, le directeur général Thierry de Bailleul, a présenté sa démission avec effet immédiat.
Au mois d’aout, le Conseil d’administration et l’Etat malgache ont validé la prolongation du mandat du directeur général de Madagascar Airlines, Thierry de Bailleul, à la tête de l’entreprise depuis décembre 2022.
Mais visiblement, le syndicat du personnel conduit par l’ancien représentant d’Air Madagascar, Rado Rabarilala, n’est pas de cet avis, en lançant un ultimatum à Thierry de Bailleul et aux consultants étrangers au sein de la compagnie. D’ici le 17 octobre avant midi, ils devraient remettre leur démission, faute de quoi leurs ordres ne seraient plus exécutés. Les employés menaçaient d’instaurer une direction collégiale pour assurer la gestion de la compagnie.
En attendant la décision du Conseil d’administration, Thierry de Bailleul suggère que le comité exécutif assure la continuité des activités, afin de ne pas chambouler la gestion de la compagnie.
Cette mobilisation reflétait un profond malaise interne. Depuis la fusion avec Tsaradia, Madagascar Airlines peine à stabiliser ses opérations. Les employés dénoncent une gouvernance opaque, un manque de communication et une influence étrangère jugée excessive dans la prise de décision. Du coup, ils réclament une gestion plus transparente et participative pour restaurer la confiance et relancer la compagnie.
Mais pour Thierry de Bailleul, le redressement de Madagascar Airlines est sur la bonne voie, en augmentant de 66% sa capacité d’opération, prévoyant un retour à l’équilibre vers la fin de l’année. En effet, Madagascar Airlines a engagé depuis 2022 une restructuration ambitieuse. Le plan stratégique « Phénix 2030 », soutenu par la Banque mondiale, visait à moderniser la flotte, réduire les pertes et recentrer les activités sur les vols domestiques et régionaux. La compagnie a ainsi abandonné les longues liaisons internationales jugées trop coûteuses.
Malgré ces efforts, les tensions au sein de la compagnie sont de plus en plus croissantes. Les employés estiment que la réforme menée sous la direction de Thierry de Bailleul, s’est faite au détriment du dialogue interne. Son départ pourrait ainsi ouvrir une période d’apaisement et permettre
d’amorcer une nouvelle phase de concertation sur l’avenir de la compagnie.
Arh.




