Inflation soutenue à Madagascar: la Banque mondiale prévoit une accalmie progressive

L’inflation restera élevée à Madagascar en 2025, malgré des signes d’amélioration à moyen terme. Selon les dernières prévisions de la Banque mondiale, publiées dans son rapport « Africa’s Pulse » d’octobre 2025, le taux d’inflation devrait atteindre 8,5 % d’ici la fin de l’année, avant de reculer lentement à 8,1 % en 2026, puis à 7,7 % en 2027.

Cette inflation soutenue s’explique prin­cipalement par «la hausse accentuée des prix des denrées alimentaires et des produits importés». Le coût du panier de biens et services de base, continue d’augmenter, pesant sur le pouvoir d’achat des ménages. L’ins­titution de Bretton Woods estime que «la valeur réelle de l’ariary continuera de se déprécier».
Et cette tendance oblige déjà de nombreux foyers à réduire leur consommation, puiser dans leurs économies ou opter pour des produits moins chers. La Banque mondiale souligne toutefois que certains facteurs pourraient tempérer cette flambée des prix.
«La baisse attendue des cours du pétrole sur le marché international» et «l’amélioration prévue de la production rizicole nationale» devraient contribuer à modérer l’inflation dans les années à venir. Ces évolutions offriraient une marge de manœuvre aux autorités, pour stabiliser le coût de la vie.

Quid de la conjoncture ?
Mais le niveau projeté de 8,5 % reste jugé élevé par rapport à l’objectif de la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), qui vise une inflation à 5 % à moyen terme. Avant les tensions socio-politiques actuelles, la BFM tablait encore sur une décélération du rythme d’inflation à 7,8 % d’ici la fin 2025. Cette trajectoire est désormais remise en question face à la conjoncture interne et aux anticipations du secteur bancaire.
Selon les données recueillies par la BFM, 58,5 % des banques commerciales s’attendent à une inflation supérieure à 10 % d’ici la fin de l’année. Certaines projections atteignant mê­me 12,7 %. Ces estimations témoignent d’un climat économique fragile et d’une confiance encore limitée dans la stabilité des prix.

Arh.

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