Alors que les réactions internationales se font entendre, « condamnant ce changement anticonstitutionnel », au cœur des débats politiques et des discussions de réunions d’expert au sein des différentes organisations mondiales, le Colonel Michaël Randrianirina est investi Président de la Refondation de la République de Madagascar, conformément aux décisions prises par la Haute cour constitutionnelle (HCC). La Grande île entre dans une nouvelle ère de régime militaire, signant dans ce sens la fin de la 4e République et la création de la 5e.
En quête de légitimité et de reconnaissance internationale dans un contexte complexe et adverse, l’Armée prend le pouvoir et les commandes du pays. En quelques semaines, Madagascar est passé d’un régime républicain, à un régime militaire ayant pour mission d’organiser une élection présidentielle, première étape vers cette refondation en profondeur et à tous les niveaux du système et de mode de gouvernance dans le pays.
La balle est dorénavant dans le camp du président Michaël Randrianirina. Il ne s’agit plus de prendre la tête d’un commandement, mais diriger un pays et une nation en pleine crise politique qui aura certainement un effet dommageable sur l’ensemble des activités économiques. D’ailleurs, l’impact se fait déjà sentir. Organiser une élection crédible, faire face à la crise socioéconomique, à la pratique politicienne, le président sur tous les fronts a du pain sur la planche.
Et la prochaine étape déterminante est de former un nouveau gouvernement, à commencer par la nomination d’un Premier ministre. Les consultations battent leur plein. Et dans cette phase de reconfiguration profonde, un nouveau paysage politique se
dessine. La chute d’un régime est une occasion historique de se positionner sur l’échiquier d’autant que d’ici deux ans, rendez-vous dans les urnes.
J.R




