Nouvelle ère dans un air du déjà-vu

Dès la chute du régime Rajoelina, il était difficile de ne pas se rappeler des crises politiques cycliques à Madagascar depuis 1972. Jusqu’ici, le peuple malgache cherche encore la voie du développement à tel point que l’atteinte des Objectifs du développement durable à l’horizon 2030 ne sera, une fois de plus, qu’un rêve tout comme celle des Objectifs du millénaire pour le développement en 2015. A chaque manifestation populaire pour renverser le régime en place, les grévistes croient dur comme fer que c’était la bonne, que cette fois le pays va enfin trouver le dirigeant qu’il faut pour le hisser aux rangs des pays émergents, comme les pays asiatiques. Depuis la colonisation jusqu’ici, le Japon était toujours la référence de la Grande île dans le domaine, et il l’est encore sans que Madagascar ne suive son modèle.
L’ère du colonel Michaël Randrianirina a à peine commencé, mais les dinosaures politiques rôdent déjà autour de lui pour obtenir leur part du gâteau sans avoir eu à salir leurs mains durant les trois semaines marquées par la résistance de la Gen Z face aux assauts des forces de défense et de sécurité. Maintenant, certains de ces jeunes se sentent écartés du processus de refondation la République, d’autant que des messages de haine à leur encontre circulent sur les réseaux so­ciaux.
Pour une refondation totale, il paraît opportun de primer la solidarité à la malgache basée sur le fihavanana, une politique inclusive sans quête d’intérêts personnels. Eviter les erreurs du passé est primordial pour que cette nouvelle ère n’ait pas l’air du déjà-vu.

Rakoto

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