Le ton monte. Le personnel d’Adema a lancé un ultimatum d’une semaine à la société gestionnaire des aéroports d’Ivato et de Nosy Be, pour régler une redevance de concession estimée à 80 milliards d’ariary. Selon les employés, aucun paiement n’a été effectué depuis 2020, soit cinq années d’arriérés.
Réunis sur le site de l’aéroport d’Ivato, hier, les salariés d’Adema ont tenu un sit-in pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’«exploitation gratuite» des infrastructures aéroportuaires nationales.
«Nous demandons à ce que la société Ravinala Airports effectue sans délai et dans leur intégralité, le paiement de 16 millions d’euros, soit environ 80 milliards d’Ariary», a indiqué devant la presse, hier à son siège à Ivato, le personnel de la société Aéroport de Madagascar (Adema S.A). Ils appellent le chef de l’Etat et le futur gouvernement à intervenir, pour mettre fin à cette situation jugée préjudiciable à la souveraineté du pays.
Les représentants du personnel rappellent que la gestion d’Ivato et de Nosy Be a été confiée en 2015 à Aéroports de Paris (ADP), devenue Ravinala Airports. Une décision qu’ils avaient déjà contestée, estimant qu’elle avait été motivée par des considérations politiques. Ces deux plateformes étant les seules rentables du réseau, leurs recettes devaient permettre de soutenir les 55 autres aéroports gérés par Adema.
Manque à gagner
En l’absence des paiements, Adema serait dans l’incapacité d’assurer la maintenance et le développement de ces aéroports secondaires. Le retard accumulé freine la modernisation des infrastructures, réduit la capacité d’accueil et empêche le respect des normes internationales de sécurité aérienne.
« Les aéroports malgaches sont pénalisés par une gestion étrangère qui ne remplit plus ses obligations», déplore un représentant du personnel. Pour lui, la dette de 80 milliards d’ariary équivaut à un manque à gagner énorme pour le pays.
Le personnel d’Adema exige un règlement immédiat des arriérés et une révision de la concession accordée à Ravinala Airports. Faute de solution rapide, les employés menacent d’intensifier leur mouvement afin d’obtenir justice.
Arh.




