En période de crise, les trafics de ressources naturelles s’intensifient. C’est le constat dressé par l’Association des Journalistes en Environnement (AJE), qui appelle les autorités malgaches à redoubler de vigilance face à l’accroissement constant du commerce illicite de faune et de flore. «La fragilité économique et sociale du pays favorise les activités illégales mettant en péril la biodiversité», prévient l’AJE via son président, Njaka Andriantefiarinesy.
Les feux de brousse et de forêts se multiplient également. «En l’espace de deux jours, le parc d’Ankarafantsika a été ravagé à deux reprises par les flammes. Des incendies ont aussi été signalés dans plusieurs régions, notamment à Menabe et à Manjakandriana», rapporte le président de l’association. Pour l’AJE, ces dégradations traduisent un relâchement des contrôles et un manque de moyens pour assurer la protection des aires naturelles.
L’association interpelle par ailleurs les autorités judiciaires sur la libération de certaines personnes condamnées pour trafic de tortues, dont un élu. Elle rappelle que ces affaires relèvent du droit pénal et ne doivent en aucun cas être instrumentalisées politiquement. L’AJE dénonce une situation qui encourage la récidive et mine la crédibilité des institutions.
Face à cette urgence, l’AJE plaide pour un renforcement des capacités du ministère de l’Environnement. Elle suggère que son rang protocolaire soit revalorisé et que son budget soit revu à la hausse. Actuellement, un seul agent forestier doit surveiller plus de 20.000 hectares de forêt, une charge jugée insoutenable.
Non des moindres, l’AJE rappelle le rôle des journalistes dans la surveillance environnementale. En collectant et diffusant des informations fiables, les professionnels des médias participent activement à la lutte contre les trafics et à la préservation du patrimoine naturel du pays. Mais, sans des institutions fortes et des moyens adéquats, cette bataille contre la criminalité environnementale restera difficile à gagner.
Arh.




