La crise s’intensifie au sein du ministère de l’Education nationale (Men). A peine nommé, le nouveau ministre se heurte déjà à un mur : les employés du ministère refusent catégoriquement de reconnaître son autorité. En parallèle, les cours restent suspendus depuis plus d’un mois dans les écoles publiques, plongeant des milliers d’élèves et de parents dans l’inquiétude.
Un ministre rejeté avant même d’avoir commencé. « La personne nommée ne figure pas sur la liste que nous avons proposée et n’est même pas issue du Men », protestent les employés dans une déclaration faite hier à Anosy. Selon eux, le nouveau ministre «ne connaît ni les réalités du terrain, ni les souffrances du corps enseignant». Ils dénoncent une nomination politique déconnectée du vécu des acteurs de l’éducation.
Dans ce sens, les syndicats annoncent une grève reconduite dès ce jour, refusant toute reprise des activités tant que cette nomination ne sera pas annulée. Un nouveau bras de fer s’engage donc entre le gouvernement et les agents du ministère.
Pourtant, l’ancienne ministre du Men, Marie Michelle Sahondrarimalala, a tenu à adresser un message de soutien à la nouvelle responsable du ministère. «Je salue la grande famille de l’Education à l’occasion de la nomination du nouveau ministre de l’Education nationale. Je félicite tout particulièrement Elis Karena Hanitriniaina pour sa nomination. Je lui adresse mes encouragements et mes vœux de réussite», lit-on sur son compte Facebook.
Des écoles publiques à l’arrêt total
Depuis le 25 septembre, la majorité des établissements publics n’ont plus ouvert leurs portes. Les enseignants, en grève, réclament depuis des mois une revalorisation salariale, le paiement des arriérés et de meilleures conditions de travail. Aucune solution concrète n’a encore été trouvée. Pendant ce temps, les écoles privées poursuivent normalement leurs cours, creusant davantage le fossé entre les élèves des deux systèmes.
Des parents d’élèves se plaignent
« Nos enfants ont déjà oublié leurs leçons, et nous n’avons ni le temps ni les moyens de les faire réviser à la maison», déplore une mère d’élève d’une école publique d’Antananarivo. Comme elle, de nombreux parents craignent que cette grève prolongée compromette le niveau scolaire de leurs enfants. Certains redoutent même une année blanche si la situation perdure.
Des directeurs d’établissement envisagent de rattraper les cours perdus dès la reprise : cours prolongés, séances de rattrapage l’après-midi, ou enseignement intensif pendant les weekends. Mais ces solutions restent hypothétiques tant que la grève n’est pas levée.
Fahranarison




