Les incendies de maisons ont fait des ravages depuis le week-end à travers le pays. Rien que dans la capitale et ses environs, au moins sept cas ont été recensés depuis samedi, en l’occurrence deux à Ankorondrano et un à Andohatapenaka samedi, un à Ambohitrimanjaka dimanche, un à Ambohibao Antehiroka lundi, ainsi qu’un respectivement à Ilanivato et Amborompotsy Talatamaty, dans la soirée d’avant-hier et hier au petit matin.
La société spécialisée dans la fabrication de sacs en plastique, Madasia Plastics sise à Amborompotsy Talatamaty, a été la proie des flammes, hier vers 1h du matin selon les riverains. Le feu n’a été maîtrisé que vers 7h. Sur place, un tas de sacs en plastique réduits en cendres occupait encore la cour. Cependant, les responsables de la société n’ont laissé aucun journaliste entrer dans l’enceinte pour prendre des photos et refusaient toute interview.
D’après les bribes d’informations recueillies sur place, les préjudices engendrés par cet incendie s’élèveraient à environ 2 milliards d’ariary. Des tonnes de matières premières plastiques empilées dans la cour de l’établissement, ainsi que d’autres à l’intérieur en plus de deux véhicules, sont partis en fumée.
Quoi qu’il en soit, aucune perte en vie humaine n’est à regretter à en croire les conversations des employés entre eux. « D’après les employés, il leur est parfois arrivé d’être verrouillés à l’intérieur de l’atelier quand ils travaillent la nuit. Or hier, leurs patrons ne les ont pas enfermés dedans sinon les dégâts humains seraient considérables », a indiqué un habitant de la localité.
Incendie accidentel ou volontaire ?
Les propriétaires de la société ont refusé l’aide du fokonolona venu en masse pour lutter contre l’incendie. Ils ont fermé le seul portail menant vers l’établissement, jusqu’à l’arrivée des soldats du feu, par peur d’un éventuel pillage peut-être. « L’embrasement était intense. Dans la cour de Madasia Plastics, il y avait un grand arbre que le feu a consumé en entier. Nous aurions pu limiter les dégâts si les propriétaires de la société nous avaient laissé les aider dès le début », a-t-on regretté.
Les sapeurs-pompiers sont venus sur place pour lutter contre l’embrasement, mais avec un léger retard alors que les produits calcinés étaient hautement inflammables. Les éléments de la brigade de Talatamaty se sont également rendus sur les lieux pour sécuriser la zone et ouvrir l’enquête. Et, les avis sont partagés quant à l’origine du drame. Les bruits qui couraient entre les employés désignent un court-circuit comme cause, alors que les riverains questionnés sur le sujet, ont indiqué que l’incendie s’est déclaré dans la cour avant de se propager.
Ilanivato
Une centaine de poulets calcinés
Une centaine d’oiseaux de basse cour composés majoritairement de poulets et poussins, ont été carbonisés dans l’incendie d’une ferme sise à Ilanivato, avant-hier vers 21h. L’origine du drame n’est pas déterminée pour l’instant, sachant que la ferme se situe dans la cour de ses propriétaires, lesquels utilisent différents appareils électriques pour l’élevage.
« Le voisinage nous a alertés vers 21h. Le fokonolona nous a aidés à éteindre le feu avant l’arrivée des sapeurs-pompiers. Par conséquent, les dégâts étaient plus ou moins limités », a indiqué le propriétaire des lieux. Le feu s’est éteint vers 22h sans se propager dans les maisons mitoyennes.
Cette ferme abritait des poussins, poulets, dindons… Il y avait également des machines d’expérimentation de biogaz. Les matériaux de fabrication des poulaillers, composés généralement de bruyères, ont facilité la propagation des flammes. Le propriétaire évalue alors les pertes à près d’1 million d’ariary.
Taolagnaro et Vangaindrano
Des villages ravagés par les flammes
Une cinquantaine de maisons sises à Mitriaky Analapatsy, district de Taolagnaro, ont pris feu avant-hier vers 22h. L’origine du sinistre est encore inconnue. A cause de la violence du vent, les flammes se sont vite propagées et ont consumé presque la moitié du quartier dont les habitations sont construites à partir de bois et autres matières premières. La population a mené la lutte avec les moyens du bord, épaulée par les autorités locales. Au final, des dizaines de familles ont tout perdu et lancent un appel à l’aide pour se relever.
Il en était de même pour Manambondro Vangaindrano, hier après-midi. Le feu d’origine indéterminée pour l’instant, a tout dévoré sur son passage. Les flammes sont passées à une vitesse fulgurante de case en case, majoritairement construites en bois. Le temps venteux a compliqué l’intervention du fokonolona obligé de lutter contre l’embrasement avec les moyens du bord, faute de service des sapeurs-pompiers. Chacun essayait de sortir les biens à l’intérieur de sa maison.
Toby FLM Ambohibao
Le corps de Mirantsoa, enterré hier
Mirantsoa Germaine Nomenjanahary alias Zanak’i Hary, l’adolescente tuée dans l’incendie du centre de réveil spirituel Toby FLM Betesda Ambohibao, a été enterrée au « Fasan’ny mino – Toby Fiadanana » à Fiaferana. Avant cela, un ultime hommage a eu lieu à la FLM Betesda Ambohibao, hier à 11h.
Mirantsoa était piégée par les flammes lors de l’incendie de la maison de retraite de Nenilava à Ambohibao, avant-hier matin. Ayant des problèmes mentaux, elle n’a pas pu éviter le pire, d’autant que le feu a commencé dans sa chambre selon les explications. Son corps a connu des brûlures importantes.
A rappeler que selon le Rév. Dr. Denis Rakotozafy, président de l’Eglise luthérienne malgache, le président de la Refondation de la République de Madagascar et son épouse vont prendre en charge la réhabilitation de ce toby. La veille, Lokomby Manakara le village natal de Nenilava a également été la proie des flammes.
Réalisée par LR




