Perspectives de croissance: redressement attendu du secteur secondaire

Après une année morose, le secteur secondaire malgache entrevoit une embellie. Selon les projections du Projet de loi de finances initiale (PLFI) 2026, ce secteur des manufactures et poumons de l’économie nationale, qui aura connu une contraction de -0,7 % en 2025, devrait enregistrer une croissance de +3,3 % l’an prochain.

Ce redressement, présenté par le ministre de l’Économie et des finances, Hery Ramiarison, dessine une relance industrielle du pays. Lors de sa prise de fonction officielle, le ministre a laissé entrevoir la nécessité d’un dialogue renforcé entre l’État et le secteur privé afin de définir des stratégies communes pour re­lancer la production, stimuler les investissements et renforcer la compétitivité nationale.
Et à en croire les prévisions du PLFI, le principal moteur de cette reprise résidera dans la « relance de l’industrie extractive », dont la croissance est estimée à +5 %. Ce rebond interviendra malgré les turbulences récentes, notamment la baisse des cours mondiaux et la rupture du pipeline d’Am­batovy, le grand acteur du nickel. Les perspectives à moyen terme demeurent toutefois prometteuses, portées par la demande mondiale croissante en nickel et graphite, des ressources pour la fabrication des batteries de véhicules électriques.

Progression plus modérée

Le secteur textile, autre composante importante du secondaire, affiche une progression plus modérée de +1,2 %. Cette performance li­mitée s’explique par la perte des avantages commerciaux liés à l’Agoa et l’instauration par les États-Unis d’une taxe douanière de 15 % sur les produits malgaches. Malgré ces contraintes, les acteurs du textile tentent de maintenir leur activité grâce à une diversification des débouchés et à la modernisation progressive de leurs unités de production.
Enfin, la branche « Électricité, eau et gaz » amorce une dynamique positive, avec une croissance prévue de +1,3 %. De nouveaux projets d’énergie solaire voient le jour à Mahajanga, Nosy Be et Antananarivo, en parte­nariat avec des entreprises telles qu’AfriPower, marquant un tournant vers une transition énergétique plus durable.
Entre incertitudes mondiales et initiatives nationales, le défi pour le secteur secondaire reste de taille : transformer cette reprise fragile en croissance structu­relle, capable de créer durablement de l’emploi et de la valeur ajoutée.

Arh.

Partager sur: