Unesco : Le Tsapiky reconnu comme patrimoine immatériel mondial

La 20e session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel se tient actuellement à New Delhi, en Inde. Sous l’égide de l’Unesco, cette rencontre majeure a officiellement annoncé, hier, l’inscription du Tsapiky, musique emblématique du Sud-ouest de Madagascar, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Après le hira gasy, l’art des Zafimaniry et le kabary, cette musique vibrant au rythme du sud rejoint ainsi les expressions culturelles malgaches reconnues à l’échelle mondiale.

Cette consécration rep­résente une étape historique pour Mada­gas­car. Le Tsapiky, né dans les régions de Toliara et ses environs, s’est imposé de­puis des décennies comme une musique du quotidien, profondément ancrée dans la vie sociale et culturelle. Comme le décrit Julien Mallet dans son ouvrage intitulé «Le tsapiky, une jeune mu­sique de Madagascar» sorti en 2009, «Le tsapiky est une musique de toutes les occasions, de tous les lieux, de bals poussière en brousse jusqu’aux boîtes de nuit en villes, du stade de foot, du quotidien, musique proche de la transe, toujours virtuose mais surtout musique de cérémonie sur trois jours, la culture du tsapiky convoque autant les ancêtres que l’érotisme de tout le corps». Cet extrait témoigne de la richesse symbolique et de la puissance émotionnelle de ce genre musical.

Une musique rapide et puissante

Transmis de génération en génération, le Tsapiky est bien plus qu’un simple style musical. Il représente un véritable héritage qui traduit une manière d’être, de célébrer et de se souvenir. Son rythme rapide et envoûtant, souvent associé à la transe, traduit la vitalité et l’énergie du sud du pays. Ce caractère unique lui confère son authenticité et explique son influence croissante à travers le pays.
Le Tsapiky se distingue également par son instrumentation mêlant traditions et modernité. Guitare électrique, batterie, kabosy et marovany s’unissent pour créer une sonorité à la fois brute, festive et émotionnellement puissante. Cette fu­sion a inspiré plusieurs artistes majeurs tels que Tearano, Terakaly, Mamy Gotso ou encore Rasoa Kininike, tout en influençant des musiciens issus d’autres horizons com­me le rock ou le rap qui réinterprètent ce style dans leurs propres compositions.
Aujourd’hui présent lors des mariages, funérailles, célébrations communautaires et événements festifs,
le Tsapiky accompagne les moments forts de la vie so­ciale. L’Unesco souligne d’ail­leurs que cette musique «sou­tient l’expression émotionnelle, les liens communautaires et
l’unité sociale», rappelant son rôle essentiel dans la cohésion des populations du Sud. L’inscription du Tsapiky au patrimoine immatériel mondial constitue ainsi une re­connaissance de son importance culturelle, mais aussi un encouragement à préserver, transmet­tre et célébrer ce trésor musical malgache.

Holy Danielle

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