Le remaniement gouvernemental promis par le président de la Refondation de la République, Michael Randrianirina, se fait toujours attendre. Officiellement, les consultations n’ont pas encore commencé alors que l’Exécutif est pleinement conscient des enjeux politiques.
D’un côté, la Sadc réclame un agenda politique clair avec des objectifs précis avant le mois de mars. De l’autre, la population veut sentir un réel changement sur le plan économique et social. L’Exécutif n’a plus donc de temps à perdre et le microcosme politique l’a bien compris.
La signature d’une proposition par 103 partis politiques réclamant un changement de gouvernement et la dissolution des institutions témoigne d’une volonté de peser sur la future composition de l’Exécutif. De son côté, la génération Z revendique également sa place au sein du prochain gouvernement, en mettant en avant son rôle dans la chute de l’ancien régime et la disponibilité de profils compétents.
Sur le plan institutionnel, l’Exécutif dispose désormais d’une large marge de manœuvre. La fin du mandat des sénateurs et l’impossibilité pour l’Assemblée nationale de censurer le gouvernement jusqu’à la fin de la période de refondation renforcent la position du président Michael Randrianirina et du premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo.
Cette stabilité institutionnelle permet à l’Exécutif d’accélérer le remaniement dans un contexte où le temps est compté. Il doit mener de front la refondation de la République et la relance économique dans un mandat limité à 24 mois. Il ne reste pratiquement plus que 21 mois.
Parallèlement, sur le plan économique, le gouvernement Rajaonarivelo affiche des ambitions élevées. La loi de finances initiale prévoit une croissance de 6 % en 2026 dans une période de transition politique alors que le ministre de l’Economie et des Finances, le Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a annoncé une stratégie axée sur la relance de secteurs clés tels que le textile, le tourisme et l’agribusiness, afin de stimuler la création d’emplois.
Toutefois, la réalisation de ces objectifs dépendra en grande partie de la composition de la future équipe gouvernementale. La priorité ne serait plus de satisfaire toutes les sensibilités politiques, mais de nommer des ministres compétents et expérimentés, capables de piloter les réformes et de soutenir la relance économique.
Le président Michael Randrianirina et le premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo pourraient déjà avoir une idée précise des ajustements à apporter à la composition du gouvernement. L’Exécutif ayant désormais les « mains libres » sur le plan institutionnel, le remaniement pourrait intervenir à tout moment, sous réserve de ménager les diverses sensibilités…
T. Rasam




