Politique monétaire: la BFM maintient son taux directeur à 12 %

La Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) maintient le cap. Hier, son Comité monétaire a décidé de conserver le taux directeur à 12 %, un niveau jugé cohérent avec l’objectif de stabilité des prix et de solidité macroéconomique. L’institution agit avec prudence dans un environnement encore exposé aux chocs externes.

Selon cette « Décision de politique monétaire », l’inflation montre des signes d’accalmie. Elle est revenue à 7,2 % en décembre 2025, après un pic de 9,5 % un an plus tôt. La détente des cours internationaux, notamment du riz et du pétrole, ainsi que le resserrement monétaire engagé, ont allégé les pressions. Mais la BFM reste vigilante. Les tensions sur l’offre et la liquidité élevée du système bancaire entretiennent des risques.
Le gouverneur Aivo An­drianarivelo évoque une trans­mission lente des décisions monétaires. « On ne peut pas dire qu’il y a une transmission immédiate. La transmission est décalée », expliquait-il lors de la présentation officielle de ce rapport, hier à Antaninarenina. A Madagascar, les taux appliqués par les banques ne sont pas encadrés. « Quel que soit le taux directeur, il existe un décalage avec les taux du marché », précise-t-il, soulignant qu’une réflexion est en cours sur un éventuel encadrement

Marché des changes
Sur le front des changes, l’ariary s’est récemment raffermi face à l’euro et au dollar. Les réserves de change atteignent un niveau inédit. « Nous avons des réserves confortables, exceptionnellement élevées, autour de 3,6 milliards de dollars, soit presque sept mois d’importations », affirme le gouverneur. Il rappelle toutefois leur rôle : « Ces réserves ne servent pas à alimenter le marché. Elles sont là en cas de choc ».
La BFM défend aussi le régime de change flottant adopté en 1994. « Avec ce système, nous restons maîtres de nos décisions. Nous ne dépendons pas des politiques étrangères », souligne-t-il. Il met en garde contre toute illusion d’autosuffisance : « S’il n’y a plus de rapatriement, il n’y aura plus de devises. Et nous serons en difficulté ».
Pour 2026, la BFM table sur une reprise modérée, soutenue par le financement bancaire et la relance progressive des dépenses publi­ques. Mais les aléas géopolitiques, climatiques et financiers pèsent encore. Dans ce contexte, l’institution privilégie une action graduelle. Et ce, dans l’objectif de préserver la stabilité, soutenir la croissance et orienter les liquidités vers l’économie réelle plutôt que vers les placements passifs.

Arh.

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