Ce que les observateurs craignaient, est arrivé. A l’heure de la reconstruction, Toamasina, détruit à 80% après le passage de « Gezani », fait face à une crise inflationniste sans précédent. Devant l’urgence de la situation, les prix des matériaux de construction, explosent au détriment des habitants sinistrés livrés à leur propre sort. Et les prix des produits de première nécessité, n’échappent aussi à cette tendance à la hausse.
Choc inflationniste dans l’Atsinanana et plus précisément à Toamasina, suite aux dégâts occasionnés par le passage de « Gezani ». Malgré la volonté de reconstruire leurs maisons, les habitants sont démunis face au coût exorbitant des matériaux de construction, enregistrant une hausse allant de 60% jusqu’à 225%.
« Notre maison a été complètement dévastée par le cyclone Gezani. On voudrait bien la reconstruire, mais avec cette flambée des prix des matériaux de construction, cela s’avère impossible, sans le soutien de l’Etat » a indiqué Fredy, un père de famille.
« Comme on n’a nulle part où aller et ne veut plus dormir à la belle étoile, face à l’insécurité, on est obligé de composer avec cette hausse », a déploré un père de famille. De souligner ensuite qu’il va dépenser
au moins dans les 6 millions d’Ariary pour une case d’habitation en tôle de 5 m sur 3 m.
Hors prix
Selon les informations recueillies, le prix du kilo de clous est passé de 8.000 ariary à 19.000 ariary, soit une hausse de 137,5%, celui de la tôle de 3 mètres est passé de 25.000 ariary à 40.000 ariary, soit une hausse de 60%. Le madrier s’achète dorénavant à 65.000 ariary contre 20.000 ariary auparavant. Le prix du rideau de bambou utilisé comme mur quant à lui est passé de 20.000 ariary à 70.000 ariary…
D’après les témoignages d’un riverain, joint au téléphone hier, un bois carré de 4 mètres dont le prix était de 15.000 Ariary auparavant, ne s’acquiert plus qu’à partir de 40.000 Ariary, voire 70.000 Ariary selon sa qualité. Il en est de même pour les bois ronds. Un paquet de planches en « Fafana » rabotés de 4 mètres, vendu à 30.000 Ariary auparavant, a vu son prix augmenter entre 70.000 Ariary et 100.000 Ariary actuellement.
Moins prononcée pour les PPN
La hausse des prix et les conséquences des catastrophes naturelles, sont étroitement liées. Plusieurs facteurs influencent cette augmentation. Les cultures endommagées, les récoltes gâchées et les chaînes d’approvisionnement perturbées, font grimper les prix des denrées alimentaires.
A cette allure, les observateurs s’attendent aussi à ce que les prix des produits de première nécessité, ne tardent pas à s’envoler à Toamasina, n’échappant pas à la spéculation. Pour l’heure, la hausse est moins prononcée.
Le prix du kilo du riz qui était en général de 2.600 Ariary auparavant n’accuse que d’une hausse de 400 Ariary, soit une augmentation de 15%. « Ce prix varie selon la qualité du riz mais ne dépasse pas les 20% au maximum », a fait savoir notre source.
A peu près la même situation pour les légumes, à l’exemple de la tomate qui se vend actuellement à 6.000 Ariary le kilo contre 5.000 Ariary auparavant, l’oignon à 5.000 Ariary le kilo contre 3.000 Ariary auparavant, le haricot vert à 5.000 Ariary aussi le kilo contre 4.000 Ariary auparavant et les brèdes à 4.000 Ariary le kilo contre 2.000 à 3.000 Ariary auparavant.
Le ministère de tutelle veille au grain
L’équipe du ministère du Commerce et de la consommation (MCC), conduite par la ministre Haingotiana Adriamadison elle-même est descendue sur terrain, le 12 février pour appuyer les contrôleurs du commerce et de la concurrence issus de la Direction régionale du commerce et de la consommation (DRCC) Atsinanana.
« Cette visite a permis de constater qu’aucune augmentation de prix des produits de première nécessité (PPN) n’a eu lieu » a déclaré la ministre.
Mais les habitants ont affirmé qu’en présence des autorités, les marchands gardent les prix d’avant, mais une fois qu’ils sont partis, la situation est toute autre. Il a donc fait appel à plus de contrôle inopiné pour épingler les profiteurs.
« Une réunion s’est tenue entre la ministre du Commerce et de la consommation et le ministre des Transports et de la météorologie, avec les entreprises importatrices et les producteurs locaux, afin de maîtriser les prix des marchandises » indique-t-on.
Jean Riana/ Sera R.




