Ne pas baisser les bras

143 millions de dollars, c’est le montant du financement (selon les estimations provisoires) dont Madagas­car a besoin pour faire face à l’urgence humanitaire et la phase de reconstruction face aux lourds dégâts causés par le cyclone Gezani. Nul doute que la facture est lourde.
Mais qu’on le veuil­le ou non, dans les meilleurs délais, il faut engager les opérations de secours, l’assistance sociale aux sinistrés et la réhabilitation des zones les plus touchées. Autrement, la situation risque d’empirer pour ceux qui sont dénués de tout, sans parler des possib­les épidémies (choléra,… ).
En effet, il est malheureusement constaté que, bien souvent, ce type de catastrophe na­turel est suivi de l’apparition de nombreuses épidémies. Cela s’explique par un manque d’hygiène. Il faut comprendre que pour le moment, l’hygiène n’est pas la priorité des populations sinistrées. Donc, il faut s’y préparer également.
Certes, à lui tout seul, l’Etat malgache ne peut pas subvenir à ces be­soins de financement.
Le Premier ministre l’a d’ail­leurs reconnu. Aussi, faudra-t-il compter sur la solidarité in­terna­tiona­le. On espère bien que cette solidarité internationale se manifestera le plus vite pos­sible.
Heureusement, de nombreux pays amis ont déjà déclaré leur volonté d’apporter leur aide. Par ailleurs, certains organismes internationaux, eux aussi, se sont déjà mobilisés et se sont en­gagés à apporter leur contribution en appui aux efforts des autorités malgaches.
C’est réellement un cas d’urgence dans la mesure où la situation des populations sinistrées est désespérée. On n’ose pas penser à ce que vivent les populations qui vivent relativement loin des grands centres urbains et de surcroît dans des zones totalement enclavées à cause des crus.
Pour ceux qui peuvent se déplacer, il est certain qu’ils ne manqueront de joindre les centres urbains. Là, au moins, ils ont une chance de pouvoir bénéficier d’une assistance sous quelle forme que ce soit. Aussi, ne faudra-t-il pas s’étonner si on assiste, d’ici peu, à un important exode urbain.
Mais quoi qu’il en soit, il ne faut pas oublier qu’on se trouve encore en pleine période cyclonique. On ne sait pas ce que nous réserve demain. Il est fort possible que d’autres cyclones, de forte ou de faible intensité – qu’il en soit ainsi – se forment et menacent la Grande île.
Le cas échéant, ce se­rait vraiment le désastre. Déjà avec Gezani, on n’arrive pas à s’en sortir. Certes, toutes les éventualités sont possibles. On pourra toujours aviser le moment voulu. Cela ne doit pas décourager toutes les bonnes volontés et ce n’est pas une raison valable pour baisser les bras.

Ranaivo Lala Honoré

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