Comme les temps ont changé. Moins d’une semaine après avoir été reçu à Moscou par Poutine, président de Russie, le Président de la Refondation de la République de Madagascar, Michaël Andrianirina, sera reçu à Paris par le président français, Macron.
Apparemment, la guerre idéologique est dorénavant dépassée. On n’a plus à choisir entre l’Est ou l’Ouest, un choix dans lequel on a été obligé à vivre dans le cadre d’une guerre froide par procuration dans laquelle des pays comme Madagascar ont été relégués en simple spectateur.
En cette période, nos dirigeants devraient afficher clairement leur choix sous peine de se retrouver dans des situations plutôt délicates. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Ils ont une plus grande marge de manœuvre qui leur permet d’appliquer une diplomatie offensive multilatérale.
Sans aller jusqu’à dire qu’ils peuvent tout se permettre, il faut bien admettre que leur situation est meilleure par rapport à tous ceux qui devaient se « soumettre » à des directives venant de l’extérieur. Mais en contrepartie, cette « liberté », somme toute relative, à d’autres exigences.
Avec cette marge de manœuvre plus importante, il va sans dire que la population admettra plus difficilement une erreur de leur part dans leur décision et leurs actions. C’est ainsi que toute promesse donnée devra être réalisée sans la moindre concession.
C’est ce qui explique actuellement, en partie, les grèves qui se manifestent ici et là aux moindres coupures d’électricité plus ou moins récurrentes. Autrement dit, les dirigeants doivent s’en tenir aux priorités du moment dans le contexte d’une reconstruction post-cyclonique et de sortie de la crise.
Pour cela, ils doivent se baser sur les besoins (urgents ou non) de la population tels que l’énergie, les infrastructures, la sécurité alimentaire. Ce qui requiert, dans le cadre de la diplomatie, une politique extérieure centrée sur la recherche de bénéfices concrets pour la population de Madagascar.
Cela ne pourra se faire que dans un partenariat économique pragmatique dans lequel les parties concernées trouveront chacune leur profit même si l’on parle de soutien au développement. Il faut faire de sorte qu’aucune partie ne se sente lésée.
C’est ainsi que dans le cadre de la prochaine mission à l’extérieure du Président de la refondation, il va devoir s’employer pour essayer d’enrayer les tensions face aux velléités de déstabilisation (vraies ou fausses ?) venant de l’extérieur. Il sera difficile d’envisager un développement véritable dans un pays en crise.
Il est plus que légitime pour lui d’exiger un respect mutuel et une non-ingérence dans les affaires intérieures du pays. Ce sont là des conditions non négociables. Or, il est indéniable que des négociations auront lieu. Et dans ces négociations, il devra avoir pour leitmotiv : « Madagascar d’abord et avant toute chose ».
Ranaivo Lala Honoré




