Plusieurs pays et organisations à travers le monde ont célébré, samedi, la journée de la langue maternelle. Madagascar n’était pas en reste. Plusieurs activités se sont tenues à travers le pays pour redonner sa lettre de noblesse à la langue malgache, notamment à l’université d’Antananarivo. Mais la plus marquante parmi les manières de revaloriser cette langue, son utilisation par le président de la refondation lors de sa rencontre avec le président russe au Kremlin. Nous entrons visiblement dans une nouvelle phase de malgachisation de notre vie nationale en général.
Même les comptes-rendus des Conseils des ministres sont désormais en malgache. D’ici demain si rien ne change, le colonel Mickaël Randrianirina va rencontrer Emmanuel Macron. On verra s’il utilise une fois de plus la langue malgache durant son interview avec son homologue français, ce président de ce pays considéré depuis longtemps comme
« reny malala » (mère bien-aimée) de Madagascar.
Pour rappel, la malgachisation était largement promue depuis la grève de 1972. Malgachisation de l’enseignement d’abord, puis celle de la manière de gouverner le pays. Le colonel Richard Ratsimandrava était l’un des promoteurs du concept de « fokonolona » qui démontre la valeur de la culture malgache basée sur le « fihavanana » (solidarité). Cependant, cette première phase de malgachisation était un échec, dit-on. La génération actuelle n’arrive plus à parler malgache correctement et sans recourir à des vocabulaires étrangers.
Ce nouveau retour aux sources sera-t-il la bonne ? Pour l’instant, à l’écrit comme à l’oral, les fautes de grammaire
et d’orthographe sont monnaie courante. D’autre part, la culture de la médiocrité est encore bien enracinée quand on parle de la maîtrise de la langue malgache. « Dès qu’on comprend ce qu’on veut dire, cela va suffire largement », dit-on. Par contre, les fautes en français – intentionnelle, par inadvertance ou par ignorance – sont toujours considérées comme graves. Alors, quid de la malgachisation ?
Rakoto




