Entre la réalité et les coulisses

Après Moscou, voilà Paris. C’est, en résumé, la semaine diplomatique du président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina. Deux destinations stratégiques, deux séquences soigneusement calibrées et, sans surprise, deux vagues de communication menées tambour battant par les équipes officielles. Il fallait s’y attendre car ces déplacements sont présentés comme des réussites qui redonnent un peu de souffle après une période de turbulences.

Il faut dire que les derniers mois n’ont pas été un long fleuve tranquille. Le pouvoir avait besoin de montrer qu’il avance. Alors oui, un petit tam-tam autour de la chose n’a rien de surprenant. C’est même de bonne guerre. En face, évidemment, les critiques fusent. L’opposition, s’il en existe encore, trouve toujours à redire. C’est son droit.

Si ces déplacements contribuent réellement à défendre les intérêts, à renforcer et à nouer des partenariats, alors tant mieux. Le problème c’est que, pour la majorité de la population, la diplomatie reste un domaine presque abstrait. Pour beaucoup, cela ne met rien « dans la marmite », du moins pas dans l’immédiat.

C’est pour cela qu’un petit cercle seulement s’y intéresse, quelques passionnés, quelques analystes et quelques journalistes. Pendant ce temps, la majorité des citoyens se bat encore avec les problèmes du quotidien, notamment l’eau qui n’arrive pas au robinet, l’électricité qui joue à cache-cache et bien évidemment les embouteillages qui avalent les heures.

En attendant, chacun continue sa route, tandis que les officiels poursuivent leur agenda international, l’opposition fait grincer sa voix et les communicants soignent les récits. C’est peut-être là que se joue la vraie diplomatie, dans la capacité à relier ces deux mondes, c’est-à-dire la réalité et les coulisses. Deux mondes différents.

Rakoto

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