Du temps et de l’argent perdus pour rien

Enfin, les contours du processus de concertation nationale ont été plus ou moins dessinés. Maintenant, on en sait plus sur cet évènement qui est attendu par toute la nation. Ainsi, toutes les étapes de la concertation nationale devraient être bouclées cette année.
Si on résume globalement le calendrier, l’année est découpée en deux tranches de six mois bien distinctes. Pour la première tranche, les trois premiers mois serviront à la définition et la conception d’un cadre méthodologique. Les trois autres mois sont destinés au renforcement des capacités de ceux qui conduiront les débats.
Lors de la deuxième tranche de six mois, on entrera carrément dans le vif du sujet. Deux mois sont destinés aux concertations au niveau des fokontany, les deux mois suivants pour les concertations au niveau des communes, un mois pour les concertations régionales et enfin, un mois prévu pour la concertation nationale proprement dite.
Apparemment, la boucle est ainsi bouclée. Mais beaucoup de questions se posent. Si l’on tient compte du calendrier proposé, en ce qui concerne la première tranche, il ne reste plus qu’un mois pour la première phase destinée à la définition et à la conception du cadre méthodologique. Espérons que ce sera fait.
Les choses sérieuses commencent les trois mois suivants. Effectivement, pendant cette phase, il est prévu de renforcer les capacités de ceux qui conduiront les débats. C’est tout à fait logique car il n’est pas donné à tout le monde de savoir diriger un débat.
Outre les aspects techniques qui seront dispensées pendant la formation, cela requiert de nombreuses qualités humaines telles que patience, souplesse, diplomatie, ouverture d’esprit…. La liste est longue. Autrement, on risque de conduire les débats vers un échec, volontairement ou non.
Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi donc de recruter n’importe qui. C’est là que se pose la vraie question : Quid du recrutement de ces animateurs de débats dans la mesure où leur formation est censée débuter au mois de mai ? A-t-on déjà procédé au recrutement ? Comment s’est faite leur sélection ?
C’est un sujet sensible car on a besoin de milliers d’animateurs si on veut couvrir tous les fokontany (près de 20 000 dans tout Madagascar). Il est évident que chaque animateur aura à intervenir auprès de plusieurs fokontany. Mais ce n’est pas le seul problème de poids.
Il ne s’agit pas seulement des animateurs de débat. D’autres intervenants ne sont pas moins essentiels. Il s’agit de tous ceux qui auront la responsabilité de synthétiser les débats et de collecter les informations de manière à ce que celles-ci soient les plus exhaustives possible.
Autrement, ce ne serait qu’une concertation de plus comme les réunions, ateliers, symposiums… qu’on avait déjà organisés et qui dans leur majorité sont restés au simple stade de déclaration d’intention, c’est-à-dire du temps et de l’argent perdus pour rien.

Ranaivo Lala Honoré

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