Près d’un an après l’annonce triomphante de la levée des restrictions budgétaires imposées par la Fédération internationale de football association (Fifa) à la Fédération malagasy de football (FMF), les déclarations récentes du président Alfred Randriamanampisoa sèment le doute sur l’étendue réelle de cette mesure.
En mars 2025, lors de l’Assemblée générale ordinaire de la FMF, le dirigeant avait salué une libération financière complète, permettant à l’instance malgache de retrouver son autonomie budgétaire. Pourtant, ses propos tenus samedi, relatifs aux retards de paiement des prestataires, révèlent une réalité plus nuancée : une dépendance persistante vis-à-vis de Zurich pour valider les dépenses.
Alfred Randriamanampisoa avait déclaré avec optimisme que la Fifa levait ces contraintes, effective à partir de mai de la même année. Cette annonce faite lors de l’Assemblée générale, avait été perçue comme un signe de confiance renouvelée de la part de l’instance mondiale. Le président de la FMF avait alors assuré que l’accès aux ressources serait aligné sur celui des autres fédérations, à condition que les fonds seraient utilisés de manière responsable.
Des sources proches de la FMF avaient même évoqué une accélération des projets de développement, comme la rénovation du Centre technique national de Carion et la construction d’un nouveau siège de la fédération.
Cependant, presque un an plus tard, les faits semblent contredire cette version. Samedi, lors d’une intervention concernant les retards accumulés dans les paiements aux prestataires, Randriamanampisoa a admis que «depuis 2019, la FMF doit attendre l’aval de la Fifa pour pouvoir payer les factures de dépenses».
Cette révélation, qui coïncide avec des plaintes récurrentes de fournisseurs, certains réclamant des arriérés datant de plusieurs mois, suggère que la levée des restrictions n’a été que partielle.
Cette situation n’est pas surprenante. La Fifa, sous la houlette de Gianni Infantino, applique souvent des mesures progressives dans les cas de normalisation. Une levée totale des restrictions suppose non seulement une conformité aux audits, mais aussi une refonte des statuts internes, un processus en cours à la FMF.
Contexte
En 2019, la Fifa avait dissous le bureau exécutif de la FMF pour des raisons de gouvernance défaillante, en instaurant un comité de normalisation chargé de remettre de l’ordre dans les affaires du football malgache. Cette intervention s’est accompagnée de restrictions budgétaires strictes, obligeant la FMF à obtenir l’aval préalable de la Fifa pour toute dépense significative. Ces mesures, destinées à prévenir les malversations et à assurer une utilisation transparente des subventions Fifa Forward, avaient entravé le développement du football local pendant plusieurs années.
Naisa




