Plusieurs défis attendent le ministère de l’Environnement et du développement durable (Medd), pour ne citer que la mise à jour de différentes lois datant de 1960, c’est-à-dire caduques et ne répondent plus aux réalités actuelles. Les Assises pour l’environnement et le développement durable, prévues s’étaler depuis hier jusqu’au 30 avril, seront l’occasion de rectifier le tir.
«Entre 2024 et 2025, 9238 tortues (Astrochelys radiata, astrochelys yniphora et pyxis arachnoides – toutes endémiques de Madagascar) destinées au trafic, ont été saisies » aussi bien à Madagascar qu’à l’étranger dont les 757 pyxis arachnoides et 155 astrochelys radiatas en Thaïlande en mai 2024. Mickael Manesimana, ministre de l’Environnement et du développement durable (Medd) a livré ces statistiques alarmantes, hier au Centre de conférences international d’Ivato à l’ouverture des « Assises pour l’environnement et le développement durable ».
Ces chiffres démontrent à la fois les efforts des autorités pour endiguer ce fléau, mais aussi l’ampleur de l’exploitation illicite de nos ressources naturelles. Le trafic de tortues n’est qu’un mal parmi tant d’autres qui minent encore l’environnement malgache. Les feux de brousse et de forêts, le trafic de bois et autres ressources naturelles… autant de défis attendent Madagascar, alors que la plupart de nos lois sont caduques, nécessitant une mise à jour.
Des assises à la concertation nationale
Ayant honoré de sa présence l’ouverture d’hier aux côtés du président de la refondation de la République et les hauts conseillers de la refondation, le président de la HCC, le Premier ministre, quelques membres du gouvernement ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers, ainsi que le coordonnateur résident des Nations unies à Madagascar, Anthony Ngororano, qui a particulièrement insisté sur l’importance de la préservation de l’environnement. « Un pays qui protège sa nature protège sa prospérité », a-t-il indiqué. Ce dernier regrette que Madagascar soit à la fois un pays unique, avec 90% d’espèces endémiques, et vulnérable face aux chocs climatiques.
« La communauté de base doit tirer profit de la préservation de l’environnement pour intégrer cette cause », a insisté le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. Ainsi en réponse à la demande du numéro du Medd relative à l’augmentation du budget de son département ministériel et au recrutement de nouveaux membres de son personnel pour prévenir le manque engendré par le départ à la retraite d’une grande partie de son effectif, il l’a invité à mener le lobbying pour les insérer au projet de loi de finances rectificative 2026 et au projet de loi de finances initiale 2027. « Comme l’a dit le coordonnateur résident des Nations unies à Madagascar, nous cherchons maintenant à passer d’une économie de rente à une économie qui crée de la valeur », a-t-il réitéré.
Les résolutions prises à l’issue de ces assises serviront de base de la concertation nationale dans le processus de refondation de la République de Madagascar.
Sera R. / LR




