A New York, la représentation permanente de Madagascar auprès des Nations unies, ne compte que deux agents : un chauffeur et un comptable. Aucun diplomate, aucun chef de mission. Loin d’être un fait isolé, cette situation illustre une réalité préoccupante mise en lumière par un audit de la Cour des comptes, couvrant la période 2023-2025.
Un déficit chronique de personnel et de moyens. Alice N’Diaye, ministre des Affaires étrangères malgache, a du pain sur la planche. La diplomatie malgache fait face à une présence internationale affaiblie selon la Cours des comptes. En effet, dans la majorité des représentations extérieures (REPEX), moins de 50 % des postes diplomatiques et administratifs sont occupés. Cette situation fragilise directement la capacité du pays à défendre ses intérêts à l’international.
Un seul ambassadeur
A Berlin, l’ambassade de Madagascar, qui couvre neuf pays européens en plus de l’Allemagne, fonctionne avec une équipe réduite composée seulement de deux conseillers, d’un secrétaire et d’un agent comptable.
« Au 31 décembre 2025, seule la représentation de Washington dispose d’un ambassadeur », souligne la Cour des comptes.
Dans de nombreuses missions, l’absence d’ambassadeur ou de consul accrédités aggrave les difficultés. Sans leadership clair, la coordination des actions diplomatiques devient plus complexe, et la crédibilité du pays peut en pâtir, auprès de ses partenaires internationaux.
Selon la Cour des comptes, ces insuffisances s’expliquent en partie par une gestion défaillante des ressources humaines. L’application des procédures de rotation des diplomates continue, entraînant le rapatriement d’agents en poste à l’étranger. Mais ces départs ne sont pas compensés par de nouvelles nominations, laissant des postes vacants pendant de longues périodes.
Perspective
Cette situation pourrait encore s’aggraver en 2026. Plusieurs agents ont déjà reçu leur décision de rapatriement sans que leurs remplaçants ne soient désignés, notamment dans des ambassades clés comme celles de Washington ou de Berlin.
Cette situation réduit la capacité de représentation du pays, limite son influence diplomatique et alourdit considérablement la charge de travail des agents en poste. Dans certains cas, des fonctions essentielles ne sont tout simplement plus assurées.
Le manque de personnel affecte également la gestion budgétaire. A New York, par exemple, certaines fonctions financières sont prises en charge par des agents basés à Washington, signe d’un fonctionnement dégradé et peu optimal.
Face à ce constat, la Cour des comptes appelle à des mesures urgentes. Elle recommande notamment de respecter les cadres légaux en matière d’affectation des diplomates et de procéder rapidement à la nomination de chefs de mission, afin d’assurer la continuité de la représentation de l’Etat à
l’étranger.
Tivo Rasam




