Le projet hydroélectrique de Volobe Amont, dans la région Atsinanana, prend forme, après une décennie de préparation. Le directeur général de la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV), Rémy Huber, a annoncé le démarrage des travaux des infrastructures d’accès, au second semestre 2026.
«L’objectif du gouvernement et de la CGHV, est de livrer le projet dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible », a-t-il annoncé devant la presse hier au siège de la CGHV à Andraharo. « Nous allons poursuivre les travaux des routes : 45 km entre Fanandrana et Ambodilazana et un pont de 150 mètres sur la rivière Ivondro », a-t-il précisé.
Le lancement des travaux de construction du barrage, est prévu l’année prochaine. L’ambition est de produire les premiers kilowattheures dès 2030, avec une mise en service complète en 2031. Mais des incertitudes subsistent. « Si des événements majeurs comme le cyclone Gezani se répètent, il sera difficile de tenir ce calendrier », a averti Rémy Huber.
À travers l’Association des producteurs d’énergies renouvelables de Madagascar (Madagascar Renewable Energy Association – MAREA), sept entreprises collaborent pour structurer le secteur (NEA, Sun farming, First Energy, Anka, Welight, Tozzi Green, CGHV).
«L’objectif est d’atteindre près de 80 % d’énergies renouvelables sur le réseau d’ici 2030 », a rappelé le dirigeant.
Avec une puissance installée de 120 MW, soit près de 40% de la consommation électrique actuelle de Madagascar, Volobe à lui seul pourrait atteindre cette capacité de production.
Sustainable project
La réussite du projet repose aussi sur la stabilité institutionnelle. « La continuité de l’État est indispensable. Nous avons tous les éléments pour avancer avec une dynamique renforcée », a appuyé Rémy Huber. Un comité technique a été mis en place pour accélérer les prises de décision.
L’État malgache devrait entrer au capital de la CGHV à hauteur de 20 %. « C’est un signal fort de partenariat », a-t-il souligné. Aux côtés des actionnaires actuels, le groupe de la Banque mondiale, via la Société financière internationale (IFC), pourrait également rejoindre le projet. « La présence d’IFC confirme la pertinence de Volobe », a ajouté le DG.
Par ailleurs, « le tarif n’est pas encore fixé. Il dépend des coûts de construction et du financement », a expliqué Rémy Huber. L’enjeu est d’obtenir un prix compétitif pour soutenir la Jirama. « Il faut un tarif soutenable pour remplacer progressivement les centrales thermiques coûteuses », a-t-il soutenu.
Pour y parvenir, les partenaires misent sur des financements concessionnels et des dons. « C’est le seul moyen de réduire significativement le coût d’un projet de cette envergure », a-t-il conclu.
Arh.




