C’est une photo qui en dit plus long qu’un classement ITTF: une gamine de dix ans, raquette en main, sourire jusqu’aux oreilles, qui rentre de son tout premier stage loin de la maison. Une semaine sans famille, et pourtant, Hanitra Karen Raharimanana était déjà mordue. « J’avais trouvé quelque chose de spécial, le tennis de table », confie-t-elle avec cette simplicité qui touche en plein cœur. Depuis, elle n’a jamais lâché la balle. Aujourd’hui numéro 1 nationale et capitaine de l’équipe féminine de Madagascar, Karen assume son rôle de leader à merveille.
Son objectif est clair comme un service court bien placé, se qualifier pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Mais pour y arriver, il faut enchaîner les compétitions internationales, accumuler des points mondiaux et se frotter aux meilleures. Et là, le revers est plus vicieux qu’un chop défensif chinois: les moyens de la Fédération malgache restent limités. Karen finance une grande partie de ses déplacements sur ses propres deniers. « Continuer au haut niveau demande des moyens importants », lâche-t-elle sans détour. Une compétition internationale, c’est en moyenne 1.500 euros. Sur les trois prochaines années, pour rester dans la course olympique, il lui faudrait environ 45.000 euros. Autant dire que le nerf de la guerre est bien tendu.
L’échéance la plus immédiate arrive à grands pas. Du 28 avril au 10 mai, elle s’envolera pour Londres afin de disputer les Championnats du monde par équipes. Une compétition qui pèse lourd dans la balance: points à la clé, confrontations contre les cadors mondiaux et surtout un pas de plus vers la qualification olympique. Moins d’un mois plus tard, rebelote: elle filera au Soudan pour les Championnats d’Afrique de l’Est (19-22 mai), une épreuve qu’elle a déjà remportée deux fois et qu’elle compte bien dominer à nouveau. Enchaîner ces deux rendez-vous à un mois d’intervalle, c’est le lot des pongistes qui veulent rester dans le coup. Pas de temps pour souffler, pas de place pour les « si » ou les « mais ». C’est jouer des coudes dans un calendrier qui ne fait pas de cadeaux.
Karen ne baisse pas les bras. Elle lance un appel franc et direct: « Si mon parcours vous parle, vous pouvez m’aider à franchir cette étape ». Les dons sont possibles via sa cagnotte GoFundMe (https://gofund.me/e80f60afb), par Mvola au 034.63.408.50 ou Orange Money au 032.26.36.993 (Dimby Arinivo). Un partage, un abonnement à sa page, et voilà déjà un coup de raquette solidaire qui peut faire la différence.
Naisa




