Face à la crise pétrolière qui se profile conséquemment à la situation au Moyen-Orient, l’approvisionnement en produits pétroliers devient un problème fondamental. Dans ce contexte, l’annonce de la reprise de l’exploitation du gisement de Tsimiroro devient un évènement capital.
Qui dit reprise de l’exploitation signifie extraction. Or, on ne peut que s’étonner du fait qu’on parle peu ou même pas du tout des conséquences géologiques des extractions de pétrole. Pourtant, ces activités peuvent avoir ou entraîner des effets profondément négatifs quasi irréversibles.
Tout d’abord, là où on extrait du pétrole, il n’est pas possible d’y mener d’autres activités (agriculture, élevage, …). Il va sans dire que toute la surface d’exploitation risque d’être polluée pendant de nombreuses années même après que l’exploitation proprement dite soit abandonnée.
Par ailleurs, l’extraction de pétrole a plusieurs impacts géologiques importants sur le sous-sol et la stabilité des terrains bien trop souvent méconnus du public. On assiste à un affaissement du sol parce que lorsqu’on extrait du pétrole, on retire un fluide qui occupait des pores dans les roches.
En conséquence, la pression diminue dans le réservoir, les roches se compactent et le sol en surface peut s’enfoncer. Ces affaissements peuvent atteindre plusieurs mètres. La gravité de ces phénomènes d’affaissement sont fonctions de l’importance de l’extraction et du type de sol concerné.
Il s’en suit que l’équilibre des forces dans le sous-sol soit perturbé. Il peut en résulter une possibilité de réactivation des failles existantes. Ainsi, l’extraction de pétrole peut provoquer des séismes. Ce phénomène s’explique par le changement de pression.
Mais les effets négatifs de l’extraction de pétrole ne s’arrêtent pas là. L’extraction modifie les flux naturels des fluides (déplacements d’eau, de gaz ou d’hydrocarbures). Finalement, comme on l’a déjà mentionné auparavant, il y risque de contamination et en particulier, celle des nappes phréatiques.
Il faut se rendre compte que ces risques sont amplifiés quand l’extraction se déroule en zone côtière. Dans les zones proches de la mer, non seulement, on risque la pollution de la mer mais encore il faut craindre l’affaissement des sols. La montée des eaux entraine des risques accrus d’inondations ainsi que l’érosion des côtes.
Tous ces phénomènes sont à prendre en compte avant toute décision d’extraction car les conséquences peuvent entraîner un véritable désastre environnemental et écologique qui peut être irréversible. D’aucuns ignorent que les extractions se déroulent partout dans le monde et aucun continent n’est épargné.
On peut aussi se demander si des études ont déjà été réalisées sur les conséquences géologiques des extractions off-shore. Et le cas échéant, quels dangers présentent-elles ? Quoi qu’il en soit, on peut se permettre de dire qu’elle a bien vu de toutes les couleurs notre bonne vieille terre !
Ranaivo Lala Honoré




