La présentation de la Politique générale de la Refondation (PGR) par le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison devant l’Assemblée nationale, s’est déroulée dans un contexte de tensions politiques croissantes. La session extraordinaire qui a débuté hier, a été une occasion pour lui de mettre l’accent sur la cohésion nationale et la vision commune pour une refondation inclusive, au nom de l’intérêt général, tout en appelant les jeunes à y contribuer.
Alors que la Gen Z appelle à la dissolution de l’Assemblée nationale, la session extraordinaire s’est ouverte hier à Tsimbazaza en présence de 159 députés, presque au grand complet. La présentation de la Politique générale de l’Etat de la Refondation, a été à l’ordre du jour, mais le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, pour sa première intervention au sein de l’hémicycle, en a profité pour lancer un appel à la cohésion nationale pour poser les jalons d’une vision commune. A l’entendre, l’Exécutif entend inscrire son action dans cette démarche inclusive.
Devant les députés et dans un climat politique délétère, le Premier ministre se pose en rassembleur, conformément à la mission que le président de la République lui a confiée, selon ses explications. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions et de dépasser les clivages politiques, condition préalable indispensable pour la stabilité durable.
Et dans le cadre de l’action gouvernementale, Mamitiana Rajaonarison mise sur la responsabilité collective, appelant l’ensemble des institutions à contribuer aux efforts de développement et de stabilité nationale.
« Il ne faut pas se rejeter mutuellement la responsabilité », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une mobilisation citoyenne, pour atteindre les objectifs fixés.
Ouverture aux jeunes et au secteur privé
Dans son discours, le Premier ministre a également souligné le rôle des jeunes, notamment de la génération Gen Z qui veut se faire entendre, ainsi que des acteurs du secteur privé, dans le processus de prise de décision publique. Selon lui, leur capacité à s’exprimer librement et à exiger davantage de transparence, constitue un élément pouvant contribuer à l’amélioration de la gouvernance.
Il a estimé que cette dynamique permet de réduire les risques d’erreurs, lors de la prise de décisions publiques, en prenant en compte des points de vue exprimés. Le chef du gouvernement y voit même une « opportunité » de dialogue entre les différentes parties prenantes de la société.
Stratégie « 10-52 »
Concernant la PGR, présentée comme le cadre de référence de l’action gouvernementale, la stratégie dite
« 10-52 », s’articule autour de dix axes prioritaires destinés à structurer l’action publique. A citer la levée des contraintes structurelles au développement, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité, la sécurité, la production ainsi que le développement des infrastructures.
Le gouvernement priorise également la création d’emplois pour les jeunes, dans un contexte marqué par une forte pression démographique. S’y ajoutent la promotion de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la modernisation de l’administration publique ainsi que le renforcement des institutions démocratiques.
Le Premier ministre a conclu que dans ses actions, le gouvernement a établi une ligne directrice sur l’intérêt général « Les Malgaches d’abord, la nation d’abord, avant les intérêts de groupes particuliers. »
S.A




