Quelques jours après la marche pacifique de la Gen Z sur la Place du 13 mai, la situation a pris une autre tournure. Des leaders du mouvement sont actuellement détenus à la Brigade criminelle (BC) d’Anosy, accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat.
Selon des informations relayées par le mouvement lui-même sur les réseaux sociaux, trois de ses membres auraient été interpellés au cours du week-end. Une information confirmée en partie par le député Antoine Rajerison, qui a indiqué avoir constaté la présence de Herizo Andriamananten, connu sous le nom de Herizo Gen Z, dans les locaux de la Brigade criminelle.
Si la manifestation de vendredi s’est déroulée dans le calme, l’appel des leaders du mouvement invitant des militaires non engagés et tous les déçus du régime à grossir leurs rangs, aurait franchi les limites de la liberté d’expression dépassant le cadre du débat démocratique, aux yeux du régime de la Refondation, comme une incitation à la révolte et à l’insurrection.
Ouverture au dialogue
Pour rappel, le mouvement Gen Z demande la dissolution de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), de l’Assemblée nationale et de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Ces demandes s’inscrivent bel et bien dans le cadre du débat démocratique au même titre que les déclarations successives des membres de la société civile ou les partis politiques. Ces derniers ont effectivement demandé une consultation élargie avant la nomination du premier ministre et du gouvernement.
Face à cette situation, le gouvernement affirme son ouverture au dialogue. Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a en effet rappelé devant l’Assemblée nationale hier que sa mission consiste à mettre en œuvre le Programme général de la refondation (PGR), visant à « unir de nouveau les Malgaches » et à renforcer la stabilité politique. Dans cette perspective, il a indiqué que les discussions restent ouvertes avec les membres du mouvement Gen Z.
D’ailleurs, l’engagement des jeunes de la Gen Z ainsi que du secteur privé, qui n’hésitent pas à s’exprimer et à exiger la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat, pourrait faciliter la mise en œuvre des politiques publiques. De leur côté, les membres du mouvement ont annoncé leur refus de participer à la Concertation nationale des jeunes qui commence ce jour au CCI Ivato.
Tivo Rasam




