Arrestation : fin de cavale pour le colonel Patrick Rakotomamonjy

Coup de théâtre. Le colonel Patrick Rakotomamonjy, médecin militaire et ancien directeur des doléances à la Présidence, a été interpelé hier soir dans la capitale, mettant fin à plusieurs mois de cavale. Le même jour, un ex-militaire français et quatre autres civils malgaches ont également été arrêtés, dans le cadre de cette affaire.

Il y a encore quelques jours, dans une vidéo diffusée sur sa page facebook qui s’adresse au Pré­sident de la Refondation de la République, Michaël Ran­drianiriana, le colonel Pa­trick Rakotomamonjy a dé­claré à vive voix que personne ne pourra l’attraper.
Mais dans la soirée d’hier, selon les informations recoupées, l’homme le plus recherché du pays
ces trois derniers mois, a été arrêté à Amoronakona Bypass, par les éléments de la gendarmerie d’Ankadila­lana. Après un bref passage à Fiadanana, il a été incarcéré à la maison de force de Tsiafahy, selon une source auprès de la gendarmerie.
De plus amples informations concernant cette arrestation du Colonel Patrick Rakotomamonjy sont attendues. Mais d’après toujours les éléments recueillis, l’interpellation d’un ancien militaire français et de quatre civils malgaches, le même jour, a permis aux Forces de l’ordre de remonter la piste du fugitif. Accusations
A rappeler que la procureure de la République, Narindra Rakotoniaina, a déclaré que le colonel Rako­tomamonjy est accusé de tentative d’assassinat du Président de la Refondation de la République de Mada­gascar, de participation à une association de malfaiteurs et de détention illégale d’armes.

Vidéos virales
L’ancien directeur du Bureau des Doléances, limogé à peine deux mois après sa nomination, est devenu ces dernières semaines l’un des critiques les plus virulents du régime de la Refon­dation. Mais c’est surtout en ligne que le colonel a fait défrayer la chronique. De­puis février, ses vidéos, tournées face caméra, souvent sans montage, dans un ton direct et accusateur, deviennent virales. La première balancée le 8 février, marque son retour médiatique où il y dénonce son limogeage et évoque des «pressions internes», dans une séquence largement partagée sur Face­book et WhatsApp.
Le 11 mars, un cap est franchi. Dans une vidéo d’environ 9 minutes, il cite des membres de l’entourage présidentiel, les accusant de corruption. Les 15 et 16 mars, une nouvelle publication fait monter la tension d’un cran. Le colonel a lancé un ultimatum de 72 heures au président de la Refon­dation.
Puis vient l’escalade. Les 22 et 23 mars, il diffuse deux vidéos diffusées en moins de 48 heures, dans lesquelles il parle d’un «système verrouillé» et évoque des «révélations à venir». Ces prises de parole, souvent qualifiées d’«ampamoaka», deviennent sa principale arme
d’influence, contournant les canaux médiatiques traditionnels.
En coulisses, le nom du colonel circule désormais dans des discussions sécuritaires sensibles. Le pouvoir le soupçonne de vouloir fédérer une contestation plus large, mêlant opposants politiques et mouvement Gen Z, par le bais de manifestations sur la place du 13 mai. Des rumeurs de tentative de déstabilisation, voire des projets de coup d’Etat et d’assassinat du président Michaël Randrianirina, commencent à émerger.

SA/Tivo Rasam

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