Présidence du Parlement panafricain: Fateh Boutbig, le candidat qui préférait l’Europe à l’Afrique

La déclaration de Fateh Boutbig, candidat au poste du président du Parlement Panafricain (PAP), a fait l’effet d’une bombe. Il a publiquement qualifié l’Algérie de « pays quasi européen ».

Alors que les pères fondateurs du panafricanisme jusqu’aux jeunes militants d’aujourd’hui, ont toujours prône l’émancipation totale et la rupture franche avec les modèles coloniaux, voilà qu’un haut responsable algérien, est fièr d’être un «presque Euro­péen».

Un reniement identitaire qui fait jaser ceux qui portent encore haut l’étendard d’un continent.

Pour les députés africains, Boutbig ne voit pas le développement de l’Afrique comme une victoire sortie des entrailles mêmes du continent, mais comme une pâle imitation, une course ef­frénée pour rattraper l’Occi­dent. Un complexe d’infériorité déguisé en sophistication qui sent le renoncement à plein nez.
Pendant que le ministre du Commerce Kamel Rezig, vante son pays, son compatriote Boutbig sabote tout ce travail d’influence patiemment tissé. Il affiche un complexe d’infériorité flagrant, non pas envers l’Europe cette fois, mais envers le reste du continent qu’il semble regarder de haut, depuis sa tour d’ivoire « quasi européenne ».
Fateh Boutbig, par cette sortie maladroite, a ouvert une brèche dans laquelle s’engouffrent désormais tous les sceptiques du panafricanisme sincère. Car on ne peut pas, d’un côté, revendiquer le leadership africain et, de l’autre, cracher sur l’identité collective qui le fonde. Le continent a besoin de leaders qui croient en lui, pas de candidats qui rougissent presque d’être nés en Afrique.
L’heure du vote approche. Les députés du PAP ont désormais une question brûlante à trancher : veulent-ils un président qui voit l’Afrique comme un projet à part entière, ou un homme qui, au fond de lui, rêve déjà d’un strapontin aux côtés des puissances du Nord ?

Rakoto

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