Divergences de point de vue entre les autorités de refondation et les organisations de la société civile. Dans une déclaration rendue publique hier, plusieurs organisations ont vivement critiqué la gestion actuelle des affaires publiques, pointant du doigt, encore une fois, un manque de transparence et surtout l’absence de concertation dans le processus de refondation nationale.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les arrestations de membres du mouvement Gen Z, suite à la manifestation du 10 avril sur la place du 13-Mai.
Selon les organisations de la société civile, certains de ses membres sont également victimes de pratiques d’investigation menées dans un climat d’intimidation et de harcèlement moral. Une situation jugée incompatible avec les principes fondamentaux de liberté d’expression et d’engagement citoyen.
Dans ce sens, les organisations rappellent leur attachement à la liberté d’expression et de manifestation, à la veille d’une nouvelle marche vers la place du 13 Mai. Elles insistent également sur la nécessité de respecter le cadre légal, appelant à l’arrestation de toute personne agissant en dehors de la loi.
Restaurer la confiance
Mais au-delà de ces événements, c’est surtout la méthode de gouvernance que les organisations de la société civile mettent en cause. Elles dénoncent un déficit de transparence et de redevabilité dans la conduite des affaires nationales. Elles maintiennent également que la feuille de route de la Refondation, censée poser les bases d’un véritable changement, a été élaborée sans véritable dialogue inclusif.
« L’absence de dialogue due à des divergences d’opinions, constitue déjà un échec pour la refondation de la nation », soulignent-elles, appelant à l’ouverture d’un cadre clair de concertation entre les différentes forces vives du pays.
Dans cette perspective, les organisations de la société civile jugent préoccupante la situation actuelle. Elles évoquent un environnement marqué par l’intimidation et la peur, peu propice à un débat démocratique apaisé. Ainsi, elles exhortent les autorités à restaurer la confiance en mettant en place « un cadre clair, transparent et inclusif pour la conduite du processus de Refondation ».
Eviter toute dérive
Par ailleurs, les organisations de la société civile ont réagi aux récentes déclarations faisant état de menaces sécuritaires, notamment des rumeurs de troubles et de projets de coup d’Etat et d’assassinat visant le président de la refondation, Michaël Randrianirina. Prudentes face à ces informations, elles insistent sur la nécessité de faire toute la lumière sur ces accusations.
Ainsi, la société civile appelle les autorités à mener des enquêtes rigoureuses, en se fondant sur des preuves tangibles, afin d’éviter toute dérive ou instrumentalisation. En cas d’arrestation, elle exige « le respect le respect des droits de la défense, le droit à un procès équitable et à des soins médicaux et psychologiques si nécessaire ».
Tivo Rasam




