La crise que traverse le Mali ne se limite plus à un défi sécuritaire interne. Elle résulte d’une déstabilisation aux multiples facettes, où se conjuguent pressions économiques, campagnes informationnelles et stratégies d’ingérence indirecte. Au cœur de ces tensions, le rôle de certains acteurs régionaux, en particulier l’Algérie, soulève des questions persistantes à Bamako.
Historiquement, Alger a entretenu des relations étroites avec plusieurs mouvements contestataires du nord du Mali, notamment touaregs. Ces liens, souvent présentés comme une médiation nécessaire, ont contribué, selon les autorités maliennes, à nourrir un imaginaire séparatiste qui mine aujourd’hui l’autorité de l’État central.
L’Accord d’Alger de 2015, dont Alger fut le principal artisan, est désormais largement contesté par Bamako, qui l’a dénoncé, accusant son voisin d’entretenir des proximités ambiguës avec des groupes armés. Ces accusations ont culminé ces derniers mois avec des incidents frontaliers, dont la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne, et des mesures de rétorsion mutuelles, dont la fermeture des espaces aériens.
Face à ces dynamiques, le Maroc adopte une position sans ambiguïté ! Un soutien ferme et non négociable à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Mali. Rabat condamne régulièrement les attaques terroristes et séparatistes qui frappent le pays, comme les récentes offensives coordonnées revendiquées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et des rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Le Royaume réaffirme que la stabilité malienne passe avant tout par le renforcement des institutions nationales et la lutte sans concession contre le terrorisme et le séparatisme.
Cette posture s’inscrit dans un rapprochement croissant entre Rabat et Bamako, illustré notamment par le soutien malien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara et le renforcement de la coopération militaire et sécuritaire.
Naisa




