Dérives du débat public: me FFKM tire la sonnette d’alarme

Dans une déclaration vidéo, le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM) tire la sonnette d’alarme sur la situation nationale. Il dénonce une dégradation profonde du climat socio-politique au pays, évoquant une « nation gravement malade » et appelant à un sursaut collectif face aux tensions politiques et sociales croissantes.

Le FFKM dresse un constat sans complaisance de la conjoncture actuelle, en pointant du doigt la montée des discours de haine, la propagation de fausses informations et l’aggravation de la pauvreté.
« Le fihavanana, valeur fondamentale de solidarité et d’unité, propre à Madagascar, est aujourd’hui gravement menacé », constate Monseigneur Ranarivelo Samoela Jaona, président du FFKM. Il dénonce les dérives du débat public, sur fond de provocations alimentées par certains discours politiques et médiatiques.

Désinformation et tensions
Sans désigner explicitement de responsables, le FFKM envoie un message clair en invoquant « l’accaparement des richesses nationales par une minorité », illustrant les inégalités et la gestion à sens unique des ressources du pays.
Le FFKM appelle ainsi les dirigeants à faire preuve « d’intégrité et de transparence », tout en soulignant que la pauvreté persistante constitue une atteinte à la dignité humaine. Une prise de position qui place l’Eglise dans un rôle de vigie face aux dérives.
La diffusion de fausses informations est un autre sujet d’inquiétude. Le FFKM alerte sur son rôle dans l’exacerbation des tensions et appelle à un retour à la vérité et à la responsabilité individuelle dans la prise de parole, notamment sur les réseaux sociaux. Dans un contexte où les clivages semblent s’accentuer, il met en garde contre toute instrumentalisation des différences ethniques ou régionales à des fins politiques.

Concertation nationale
Très important, le FFKM précise ne pas avoir participé aux concertations nationales actuellement évoquées, bien que le président de la Refondation la République lui a accordé un mandat officiel dans la conduite du processus le 10 novembre 2025. Pour dire que les Eglises sont mises à l’écart dans le processus en cours, tout en réaffirmant sa volonté de jouer pleinement son rôle de médiateur.
Malgré tout, le FFKM entend jouer un rôle actif dans la sortie de crise. Il annonce l’organisation d’un congrès à Anta­nanarivo du 18 au 21 mai, destiné à analyser la situation nationale et à proposer des pistes de réconciliation. L’Eglise met en avant les principes des « 4F », confession, repentance, vérité et réconciliation, comme fondement d’un processus de reconstruction durable.
En conclusion, le FFKM lance un appel solennel à la population et aux dirigeants : « choisir la paix plutôt que la violence, la vérité plutôt que le mensonge, l’unité plutôt que la division ». A travers cette prise de parole, l’Eglise rappelle que la crise actuelle dépasse les cadres politiques et économiques : elle engage, selon elle, un enjeu plus profond de valeurs, de comportements et de cohésion nationale.

Tivo Rasam

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