Sept influenceurs malgaches, à savoir Antso Bomaka, Dezy Kely, Mba Lait, Myh Rakotoarivony, Miandriray Fanantenana Rakotoarivony, Abi Abriane et Regina R, ont quitté le pays hier pour un séjour de dix jours en Russie, officiellement consacré à la coopération culturelle. Invités à couvrir les célébrations de la fête nationale russe, ils partageront leur expérience à travers photos, vidéos et récits sur les réseaux sociaux, ciblant ainsi des milliers de jeunes malgaches.
Présentée comme un échange entre peuples, l’initiative est soutenue par African Initiative, une structure médiatique engagée dans le rapprochement entre la Russie et l’Afrique. L’objectif est de valoriser les opportunités de coopération et de renforcer la compréhension mutuelle. L’opération s’inscrit également dans un contexte de déploiement de l’influence russe à Madagascar.
Le choix des influenceurs n’est pas anodin. Ces créateurs de contenu comptent des milliers de followers et jouissent d’une certaine influence, particulièrement auprès des jeunes des tranches d’âge de la « Gen Z » et de la « Gen ». A travers des contenus immersifs et positifs, ils peuvent contribuer à façonner une image attractive du pays hôte, bien au-delà des discours officiels.
Service rendu
Cette approche relève du « soft power », une stratégie d’influence douce qui privilégie la séduction et la proximité. En s’appuyant sur des voix locales, elle permet à la Russie de diffuser une image favorable de manière plus subtile et efficace que les canaux traditionnels. A l’heure où les réseaux sociaux redéfinissent les dynamiques d’influence, ce type d’initiative pourrait jouer un rôle croissant dans la perception des choix des partenariats internationaux à Madagascar.
Pour rappel, ces influenceurs étaient particulièrement actifs lors des manifestations de septembre et octobre, ayant conduit à la chute de l’ancien président Andry Rajoelina et à l’avènement du régime de la refondation de la République de Madagascar. Depuis, Madagascar s’est rapproché de la Russie, particulièrement dans le domaine militaire, sans oublier les domaines économique et culturel. C’est donc une manière pour les autorités malgaches de remercier ces jeunes, qui font partie de la tranche d’âge de la « Génération Z », pour service rendu et surtout d’entretenir la cote de popularité des dirigeants tout en préparant l’opinion publique au développement de la coopération russo-malgache.
Tivo Rasam




