La ville d’Ambanja était en effervescence hier matin, après la mort d’un jeune homme de 18 ans, tombé sous les balles de la gendarmerie. Suite à cela, la population locale s’est soulevée contre un acte considéré comme un usage démesuré de la force de la part des gendarmes.
Le jeune homme abattu avait été arrêté dimanche dernier à son domicile à Ankatafahely, puis placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête liée à une détention illégale d’arme à feu. Hier matin, les gendarmes l’ont conduit dans le secteur de Tanambazaha-Domaine, soi-disant pour une opération d’arrestation, mais c’était en quelque sorte pour le jeune homme, pour signer son arrêt de mort.
De l’avis de la gendarmerie, l’adolescent aurait profité de cette sortie de cellule durant l’opération pour s’enfuir, obligeant du coup les éléments à ouvrir le feu sur lui. D’où par ailleurs son décès sur place, après avoir reçu une balle sous sa gorge.
Cependant, pour les proches du défunt et les notables de la région, les explications des gendarmes ne tiennent pas la route, vu l’impact de balle à l’avant du corps du jeune homme, sous sa gorge. D’après eux, si l’adolescent s’est réellement enfui, la balle aurait atterri dans la partie postérieure de son corps. Qui plus est, « Comment aurait-il pu s’enfuir en étant lourdement escorté? Et même si cela avait été le cas, les gendarmes n’auraient certainement pas eu du mal à le rattraper, vu qu’il avait les mains menottées (…) Pour nous, ce qui s’est passé n’était ni plus ni moins, qu’un usage abusif des gendarmes, voire même une exécution sommaire », indique un notable de la région.
« Il était menotté quand on lui a rendu visite, lundi. Il avait avancé qu’on lui a tabassé durant sa détention pour lui forcer à reconnaitre les faits qui lui reprochés, alors même qu’il ne savait rien de tout cela. Notre fils n’était pas un malfaiteur », a avancé par contre un membre de sa famille.
En tout cas, après avoir pris connaissance du décès du jeune homme, la famille, les proches et même de nombreux villageois poussés par la colère et la douleur provoqués par la perte subite de leur fils, ont manifesté leur indignation dans les rues de la ville et ainsi de protester contre un abus d’autorité perpétré par les gendarmes, et ainsi de réclamer à ce qu’une enquête soit ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort de leur fils.
Par ailleurs, après avoir récupéré le corps à la morgue de l’hôpital, les gens ont conduit la dépouille mortelle devant le bureau de la compagnie territoriale de gendarmerie d’Ambanja. Dans la soirée, ils l’ont ensuite conduit devant le bureau du district, là où ils étaient encore sur place en discussion avec les autorités à une heure tardive…
ATs.




