Indiamahery : «Tononkalo iray, firehana maro» sur les cimaises de l’IKM

L’exposition poétique « Tononkalo iray, firehana maro » d’Indiamahery prend ses quartiers à l’Ivontoeran’ny Kolontsaina Malagasy (IKM), à Antsahavola, jusqu’au 16 juillet.

Au cœur de cette installation, le poète revisite un classique de la tradition orale anglaise, « Roses are red, violets are blue, sugar is sweet, and so are you ». Tombé dans le domaine public et d’auteur inconnu, ce texte se prête à de multiples réinterprétations, of­frant à chacun la liberté de le traduire et de le réécrire selon sa propre sensibilité.
Au total, quinze déclinaisons de ce poème ont été réalisées tout en s’inspirant de différents mouvements de l’histoire de l’art. « Du classicisme au minimalisme, en passant par le romantisme, l’impressionnisme, le cubisme, l’expressionnisme, le dadaïsme, le surréalisme, l’abstractionnisme et bien d’autres, l’idée est de traduire en mots leurs principes esthétiques, leurs contextes d’émergence et leurs lignes de tension », confie-t-il.
Le vernissage, organisé samedi dernier, a donné lieu à une performance de déclamation. Des lectures individuelles ont d’abord permis d’identifier les spécificités de chaque courant, avant une restitution collective marquée par la superposition des voix. Une mise en scène sonore qui a produit un effet de saturation, évoquant un paysage artistique en mouvement.
Il faut souligner que la littérature demeure moins visible dans l’exploration de certains courants artistiques, souvent dominés par les arts visuels. « Des mouvements comme l’impressionnisme ou le cubisme ont ainsi nécessité un travail approfondi de transposition littéraire », a-t-il ajouté.
Dans la continuité de cette démarche, Indiama­hery envisage d’animer des ateliers d’écriture et de déclamation, permettant au public de s’approprier à son tour ces différentes approches artistiques.
Pour les férus de littérature, Indiamahery est un poète-slameur, interprète, animateur de scène et d’ateliers d’écriture et de performance scénique, originaire de Moramanga. Il découvre la poésie en 2019 grâce à l’association Madagaslam, avant de fouler de nombreuses scènes à travers l’île, principalement à Antana­narivo, où il vit et travaille aujourd’hui. Son univers oscille entre poésie, nouvelles et formes narratives plus longues. Il s’intéresse également aux formats hybrides, mêlant voix, son et image, ainsi qu’à l’audiovisuel, à travers l’écriture et la réalisation de projets filmiques et documentaires.

Joachin Michaël

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