La Fédération des Communautés Royales Traditionnelles de Madagascar (FCRTM) déplore une perte progressive de leur prestige ainsi qu’une récupération politique de leur image, particulièrement en période électorale, à l’occasion d’une conférence de presse organisée hier à Mahamasina.
Selon la FCRTM, le déclin de la souveraineté des communautés royales malgaches, a commencé à l’époque coloniale, lorsque l’administration française a retiré le pouvoir détenu par les monarchies traditionnelles.
«Les rois n’étaient ni des personnes démunies ni des personnes qui demandaient de l’aide. Ils possédaient leur dignité et leur autorité. La France a arraché le pouvoir aux souverains par la force des armes», a déclaré la princesse Elakovelo Zoendreniny, représentante de la FCRTM.
Les membres de la fédération estiment que cette perte d’autorité historique a progressivement entrainé une marginalisation des institutions royales dans la société malgache. Ils dénoncent également l’attitude de certains responsables politiques qui sollicitent la bénédiction des souverains traditionnels, à l’approche des élections. Selon eux, les figures royales sont aujourd’hui utilisées comme instruments de légitimation politique au détriment de leur rôle culturel et historique. «Les rois sont devenus des instruments politiques», ont-ils fait savoir.
«A chaque période électorale, des candidats ou des députés viennent demander des bénédictions afin d’obtenir le soutien de la population», a affirmé cette représentante de la FCRTM.
Redressement du pays
Malgré ce constat, les associations royales assurent vouloir continuer à jouer un rôle dans la vie nationale et à contribuer à la préservation des valeurs culturelles malgaches. La princesse Elakovelo Zoendreniny a notamment affirmé que les souverains traditionnels restent attentifs à l’évolution de la situation du pays.
«Ce qui se passe actuellement à Madagascar n’est pas nouveau pour les rois. Nous restons debout et prêts à apporter notre contribution pour le salut du pays et des générations malgaches», a-t-elle déclaré.
A travers cette prise de parole publique, les associations royales entendent prendre désormais la place qui est la leur dans la société et dénoncer toute instrumentalisation politique de leur autorité traditionnelle.
N.A




