La crise politique survenue à Madagascar ces dernières décennies, trouve son origine dans la défaillance du système électoral. Des réformes s’imposent qui sont au cœur d’un atelier multi-acteurs préparatoire du dialogue national, depuis hier au Centre de Conférences Internationales (CCI) d’Ivato, organisé par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).
Avant le début de la concertation nationale, l’heure est venue pour les parties prenantes de lancer un débat sur les réformes du processus électoral. Et comme le président de la Ceni, Thierry Rakotonarivo, l’a indiqué, avant de formuler des suggestions d’amélioration et des recommandations, il est important de réaliser un diagnostic des dysfonctionnements du système actuel, observés lors des précédentes élections.
Pendant trois jours, «onze thématiques liées au processus électoral, seront abordés, allant de l’élaboration de la liste électorale jusqu’à la proclamation des résultats officiels. Les discussions porteront également sur les modalités de candidatures, la campagne électorale», a souligné Thierry Rakotonarivo, sans oublier, la gestion des résultats et les contentieux électoraux.
« Chaque acteur est invité à exposer les difficultés rencontrées lors des précédentes élections, mais aussi à proposition des solutions concrètes destinées à améliorer le système électoral malgache », a-t-il déclaré. Des représentants des différentes juridictions concernées prennent part aux échanges afin d’apporter leurs analyses et recommandations.
A l’issue des travaux, l’ensemble des propositions et constats sera compilé dans un document qui servira de base aux futures réformes institutionnelles et législatives, en vue de la mise en place de la Cinquième République.
Un levier de la confiance
De son côté, le Représentant résident adjoint du Pnud à Madagascar, Jean-François Dubuisson a fait savoir que «le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) reste convaincu que des réformes électorales inclusives et consensuelles constituent un levier essentiel, pour renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions, promouvoir l’égalité des chances entre les acteurs politiques et consolider la cohésion sociale».
Et de continuer, «dans cette dynamique, la participation effective, inclusive et participative de l’ensemble des composantes de la société, notamment les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec un handicap, les organisations de la société civile, les médias ainsi que les acteurs communautaires et traditionnels, est cruciale pour la gouvernance électorale crédible et durable.»
Dans son allocation, le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana, a incité toutes les parties prenantes à participer d’une manière effective à cet atelier, de sorte que les réformes puissent aboutir.
Concernant la refonte du fichier électoral, la Ceni rappelle que l’enrôlement biométrique a débuté en octobre 2025. Les responsables électoraux soulignent toutefois qu’il s’agit du projet de longue haleine nécessitant plusieurs mois de préparation technique et de consultations publiques.
Selon les estimations, près de 15 millions d’électeurs devront être recensés. Les autorités reconnaissent que l’enrôlement biométrique pourrait ne pas couvrir immédiatement l’ensemble du corps électoral. La poursuite de la réforme dépendra notamment des conclusions issues de la concertation nationale et de la finalisation des textes devant être soumis ultérieurement à référendum.
N.A




