Dans la perspective de la multipolarisation du monde, la Russie tente désormais de développer une influence reposant non seulement sur la sécurité, mais aussi sur les secteurs sociaux, technologiques et économiques. Elle veut se positionner progressivement comme une alternative ou un partenaire supplémentaire.
En déplacement en Russie, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a rencontré, hier à Moscou, les dirigeants de Sberbank, première banque de Russie. Les échanges ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques, traduisant l’ambition de Moscou de renforcer sa présence à Madagascar au-delà du seul cadre militaire.
Dans cette optique, la banque russe annonce la fourniture de 230 kits d’équipements médicaux destinés principalement aux zones rurales et enclavées. Elle prévoit également des formations pour les professionnels de santé malgaches afin d’assurer la maîtrise de ces équipements.
Dans le secteur éducatif, les discussions ont porté sur la formation professionnelle des jeunes et leur insertion dans le monde du travail. Les responsables russes ont proposé un modèle d’apprentissage basé sur le « peer-to-peer learning », une méthode collaborative déjà utilisée dans plusieurs programmes de formation numérique et technique.
Cybersanté
Dans le secteur du tourisme, la Russie souhaite encourager l’arrivée de touristes russes à Madagascar à travers le développement des infrastructures touristiques et le renforcement des échanges économiques.
Mais l’aspect le plus stratégique de cette nouvelle coopération concerne probablement les technologies numériques. Les discussions ont mis en avant les possibilités d’utilisation de l’intelligence artificielle dans les domaines de la santé et de l’éducation, notamment via la cybersanté et la robotisation.
Cette orientation marque une évolution notable de la présence russe à Madagascar. Jusqu’ici, la Russie était principalement perçue comme un partenaire géopolitique et sécuritaire sur le continent africain. Désormais, Moscou semble vouloir investir le terrain du développement social, historiquement dominé par les partenaires occidentaux.
Pays stratégique
Les ambitions russes restent encore modestes par rapport aux programmes déjà déployés par la France et les Etats-Unis à Madagascar. L’Agence française de développement (AFD) finance actuellement un portefeuille de 635 millions d’euros couvrant plus de 150 projets socio-économiques à Madagascar.
Les Etats-Unis restent également un acteur majeur du développement à Madagascar. Le programme d’assistance de l’Usaid représente l’un des plus importants soutiens bilatéraux du pays, avec 134,3 millions de dollars alloués à des secteurs clés comme la santé, la sécurité alimentaire, le développement économique et la résilience climatique.
Tivo Rasam




