Madagascar franchit un cap scientifique majeur avec l’installation de son tout premier photomètre solaire Cimel CE318. Inauguré à l’Ecole supérieure polytechnique d’Antananarivo (Espa) à Vontovorona, cet équipement de pointe place désormais le pays au cœur d’un réseau mondial de surveillance de l’atmosphère et renforce ses capacités d’analyse du climat et de la qualité de l’air.
La recherche atmosphérique change d’échelle. L’Espa vient de mettre en service le premier photomètre solaire du pays, un instrument de haute précision capable d’analyser en continu l’état de l’atmosphère. Cet équipement a été inauguré officiellement hier en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Pr Ndaohialy Ravonimanantsoa.
Derrière cet appareil, une ambition qui dépasse la simple acquisition technologique : « faire entrer Madagascar dans une science de l’atmosphère fondée sur des données locales fiables, mesurées en continu et reconnues à l’échelle internationale », souligne un responsable du département de Météorologie et hydrologie de l’Espa. Jusqu’ici, une grande partie des analyses reposait sur des données satellitaires ou indirectes.
Les aérosols, ces particules microscopiques en suspension dans l’air, jouent ici un rôle central. Invisibles mais déterminants, ils influencent la qualité de l’air, la formation des nuages et l’évolution du climat.
Un outil stratégique pour lire l’atmosphère
Grâce à ce nouvel équipement, les chercheurs peuvent désormais mesurer l’irradiance solaire, la luminance du ciel, mais aussi des indicateurs clés comme l’épaisseur optique des aérosols et la vapeur d’eau atmosphérique. Ces données permettent d’affiner l’analyse de la pollution, du climat et des phénomènes météorologiques.
Ce saut technologique ne se limite pas au laboratoire. L’équipement inscrit Madagascar dans le réseau international Aeronet, une référence mondiale en observation atmosphérique. Les données produites à Antananarivo seront ainsi intégrées à une base globale utilisée par la communauté scientifique internationale.
Fruit d’une coopération entre l’Université d’Antananarivo, l’Université de La Réunion et l’Université de Lille, ce projet marque aussi le renforcement des partenariats scientifiques autour des enjeux climatiques.
Au-delà de la performance technique, l’enjeu est désormais clair : « passer d’un pays observateur du climat à un pays producteur de données scientifiques de référence sur son propre environnement atmosphérique », insiste le même responsable. Une bascule stratégique pour la recherche, mais aussi pour les politiques environnementales. Avec ce premier photomètre solaire, Madagascar ne se contente plus d’observer son ciel. Le pays apprend désormais à le décoder.
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