Un pétrolier baptisé Tagor, parti de Mourmansk en Russie et présenté comme battant pavillon malgache, a été intercepté dans l’océan Atlantique ce dimanche 31 mai par la Marine nationale française. L’opération s’inscrit dans un contexte de surveillance renforcée des navires soupçonnés de contourner les sanctions internationales visant la Russie.
Selon les autorités maritimes françaises, l’intervention a consisté en un contrôle complet du navire, incluant l’inspection de la cargaison, la vérification de son identité réelle ainsi que l’examen de l’ensemble de ses documents administratifs. À l’issue de ces vérifications initiales, des anomalies et des éléments jugés suspects auraient été relevés, justifiant la poursuite des investigations.
Dans la foulée, le procureur de la République de Brest, compétent en matière de contentieux maritime, a été saisi du dossier afin d’engager les procédures judiciaires appropriées. Le pétrolier a été escorté par des unités de la Marine nationale vers une zone de mouillage sécurisée, où il demeure sous surveillance en attendant la poursuite des vérifications techniques et administratives.
L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Le président français, Emmanuel Macron a annoncé publiquement l’interception du navire sur le réseau social X. Il a rappelé que la France et ses partenaires considèrent comme inacceptables les pratiques consistant à contourner les sanctions internationales et à contribuer indirectement au financement de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine depuis près de quatre ans.
Dans ce contexte, les autorités françaises cherchent à déterminer si le Tagor est impliqué dans un système de contournement de sanctions via des mécanismes de pavillon frauduleux ou d’immatriculation irrégulière. Les enquêteurs devront notamment établir la véritable nationalité du navire, la conformité de ses documents et la chaîne de responsabilité liée à son exploitation.
Réaction de l’APMF
A la suite des informations faisant état d’un pavillon malgache, l’Agence portuaire, maritime et fluviale (APMF) a réagi en apportant un démenti formel. L’APMF met en garde contre l’utilisation frauduleuse du pavillon malgache et la circulation de faux documents d’immatriculation maritime se réclamant de Madagascar.
Elle rappelle, dans deux communications récentes (février et avril), qu’il n’existe aucun « registre international de Madagascar » en droit malgache. Par conséquent, tout document émis sous cette appellation est dépourvu de valeur légale.
L’APMF avance également qu’elle ne délivre pas d’autorisations de navigation internationale permettant à des navires de battre pavillon malgache en dehors des eaux territoriales. Toute utilisation du pavillon de Madagascar à des fins internationales, accompagnée de certificats ou titres de navigation prétendument officiels, est donc considérée comme frauduleuse.
L’agence appelle les Etats du port à renforcer leurs contrôles dans le cadre des procédures de Port State Control, conformément aux règles de l’Organisation maritime internationale (OMI), afin de prévenir les cas d’usurpation et de garantir la sécurité du transport maritime.
Enfin, l’APMF se dit disponible pour coopérer avec les autorités internationales dans les enquêtes, les vérifications et les échanges d’informations visant à lutter contre ces pratiques illicites.
N.A.




