Antananarivo ne veut pas retourner en arrière. A quelques mois de la clôture du Projet d’amélioration du système de gestion des déchets solides à Antananarivo (Gesda), les autorités et leurs partenaires ont dressé hier, à l’Hôtel de Ville d’Analakely, le bilan de trois années d’actions destinées à moderniser la gestion des ordures dans la capitale.
Réunis dans le cadre de la cinquième réunion du Comité conjoint de coordination, les représentants du ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène, de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), de la Société municipale d’assainissement (SMA) et de la coopération japonaise (JICA) ont surtout préparé l’avenir. Car si le projet s’achève en septembre prochain, un plan d’action pour la période 2027-2030 est déjà sur la table afin de poursuivre les réformes engagées.
Parmi les avancées mises en avant figurent le renforcement des moyens de collecte des déchets, avec l’acquisition de camions et
d’équipements spécialisés, ainsi que l’amélioration de
la gestion de la décharge d’Andralanitra grâce à l’application progressive de la méthode japonaise «Fukuoka». Cette approche favorise l’aération naturelle des déchets et l’évacuation des gaz et lixiviats afin de réduire les impacts environnementaux tout en prolongeant la durée de vie du site.
Le projet a également permis la création d’une unité spécialisée dans l’utilisation de drones au sein de la SMA pour suivre l’évolution de la décharge et mesurer avec précision les volumes de déchets enfouis. Des formations ont par ailleurs été dispensées à plus d’une centaine d’agents, chauffeurs, conducteurs d’engins et mécaniciens afin d’améliorer la maintenance des équipements et la qualité du service.
L’expérience acquise lors d’une mission d’échange en Tunisie a également nourri les réflexions des responsables malgaches. Selon Rajaoferison Andriheriniaina, directeur du projet Gesda, «la Tunisie dispose déjà d’un arsenal juridique couvrant
l’ensemble des catégories de déchets. Une démarche dont Madagascar pourrait s’inspirer afin de renforcer son propre cadre réglementaire et faciliter la mobilisation de financements nationaux et internationaux».
Un défi qui dépasse les infrastructures
Pour les responsables du projet, la réussite de la gestion des déchets ne dépend pas uniquement des équipements. La sensibilisation des habitants, l’adoption de nouvelles habitudes de tri et la mise en place d’un cadre réglementaire adapté constituent désormais les principaux chantiers. Dans plusieurs quartiers pilotes, notamment à Ampefiloha, Ambohitrakely et Ampahibe, près de 4.000 ménages ont déjà été initiés au tri à la source, avec une séparation des déchets dès les foyers.
Le directeur général de la SMA, Tantely Ramamiherijaona, a souligné que «tous les équipements acquis dans le cadre du projet sont auourd’hui utilisés au service de la capitale. Le défi consiste désormais à préserver ces acquis, assurer l’entretien du matériel et garantir la continuité des efforts de nettoyage et d’organisation urbaine».
Chaque jour, Antananarivo produit entre 600 et 1.400 tonnes de déchets. Face à ce volume considérable, les acteurs du secteur estiment indispensable de consolider les acquis du projet et de mettre en œuvre la feuille de route élaborée conjointement par les experts malgaches et japonais pour la période 2027-2030. L’enjeu est désormais clair : transformer les progrès réalisés grâce au projet Gesda en une politique durable capable de répondre à la croissance urbaine et aux défis environnementaux d’Antananarivo.
Fahranarison




